Pour protéger vos intérêts dans une indivision familiale en désaccord, vérifiez vos droits, demandez les comptes et conservez les preuves d’occupation, de revenus et de dépenses. Qualifiez les décisions avant de compter les majorités. Une urgence de conservation ou un risque sur les fonds doit être traité sans attendre le règlement de tous les différends.
Mis à jour le · Par Christian Mahout, fondateur d’Indivision Patrimoine.
- Propriété : vos droits résultent des titres ; payer davantage ne les augmente pas automatiquement.
- Information : les revenus perçus et frais exposés pour l’indivision doivent pouvoir être vérifiés.
- Occupation : l’usage privatif peut entraîner une indemnité, sauf convention contraire.
- Décisions : conservation, administration et vente suivent des règles différentes.
- Délais : faites examiner les créances et prescriptions avant d’attendre le partage.
Ce dossier explique comment préserver ses droits pendant un désaccord familial en droit français. Pour organiser les démarches de résolution et choisir les interlocuteurs, consultez résoudre un conflit en indivision. Le guide les conflits fréquents en indivision permet d’identifier les situations.
Accès rapide : vérifier vos droits · réunir les preuves · obtenir les comptes · contrôler les décisions · agir en urgence · comparer les options.
Quels droits avez-vous dans une indivision familiale ?
L’indivision familiale n’est pas une société ni un régime fiscal spécial. Des proches détiennent ensemble des droits de même nature sur un bien. Le lien de parenté ne donne pas au membre le plus âgé, à celui qui habite sur place ou à celui qui paie le plus le pouvoir de décider de tout.
Relevez le titre d’acquisition, les actes successoraux, les quotes-parts et les conventions. Une fraction de propriété ne désigne pas automatiquement une chambre, un étage ou une parcelle privative. Le guide droits et obligations du propriétaire indivis précise ce cadre.
Après un décès, vérifiez qui hérite et la nature des droits transmis. Un usufruit et une nue-propriété sont des droits différents ; les titulaires ne doivent pas être comptés comme s’ils détenaient tous des quotes-parts identiques en pleine propriété. Consultez indivision, usufruit et nue-propriété avant de calculer une majorité.
La fiche officielle sur l’indivision entre héritiers complète la lecture des actes. En présence d’un enfant mineur, d’une personne protégée ou d’un titulaire absent, faites vérifier les pouvoirs et autorisations nécessaires avant de signer un accord.
Premier résultat à obtenir : une liste des biens, personnes, droits et actes existants, avec les pièces qui les établissent. Cette liste permet de séparer une contestation du titre, un problème de gestion et un désaccord sur la sortie. Le dossier indivision successorale présente le cadre propre aux héritiers.
Quelles preuves conserver pour protéger ses intérêts ?
Conservez les titres, les décisions et les flux d’argent dans des dossiers distincts. Une affirmation familiale ne prouve ni une quote-part ni le paiement d’une dépense. Un dossier daté permet au notaire ou à l’avocat de qualifier les demandes.
| Sujet | Pièces à réunir | Question à faire examiner |
|---|---|---|
| Propriété et quotes-parts | Titres, actes successoraux, conventions et avenants. | Qui possède quel droit, sur quels biens ? |
| Occupation et accès | Accords, baux, échanges, demandes d’accès et éléments datés. | Quel titre d’occupation, quelle période et quel usage privatif ? |
| Loyers et autres recettes | Baux, quittances, relevés et état des encaissements. | Quelles recettes ont été perçues pour l’indivision ? |
| Dépenses et travaux | Devis, factures, décisions et preuves du financement personnel. | Conservation, amélioration, dépense personnelle ou compte à discuter ? |
| Gestion et signatures | Mandats, procurations, décisions et notifications. | Le signataire avait-il les pouvoirs et accords nécessaires ? |
| Urgence et dégradation | Photos datées, constats, avis techniques, échéances et courriers. | Quel risque pour le bien ou les fonds, quelle mesure adaptée ? |
Classez les documents par date et bien concerné. Faites apparaître séparément les dépenses payées avec des fonds indivis et celles avancées personnellement. Une facture au nom d’un indivisaire ne démontre pas, à elle seule, qu’il a utilisé ses propres deniers.
Pour l’occupation, relevez le titre invoqué et les périodes, sans transformer une présence ponctuelle en usage privatif certain. Pour les revenus, rapprochez les sommes attendues, reçues et affectées aux dépenses. Signalez les pièces manquantes plutôt que de les remplacer par une estimation présentée comme certaine.
Le notaire vérifie les actes et prépare les comptes et opérations immobilières. L’avocat examine les droits contestés, les preuves et les demandes judiciaires. Consultez les démarches notariales en indivision pour préparer les pièces utiles au rendez-vous.
Peut-on exiger les comptes de l’indivision ?
Oui : celui qui perçoit des revenus ou expose des frais pour l’indivision doit en tenir un état à disposition des indivisaires. Cette obligation de l’article 815-8 permet de vérifier les opérations. Elle ne signifie pas un accès sans limite à tous les comptes personnels d’un proche.
Source : Code civil, article 815-8.
Demandez un état pour une période précise, accompagné des justificatifs correspondant aux biens indivis : loyers, assurances, taxes, travaux, frais de gestion et mouvements sur les fonds communs. Identifiez les points manquants ou incohérents dans un tableau de questions.
Une demande utile : « Pour préparer les comptes du bien [adresse], merci de communiquer l’état des revenus et frais de [période], avec les justificatifs des encaissements, dépenses et avances. Merci également d’indiquer les sommes disponibles et les engagements restant à régler. Je propose un échange sur les points suivants : [liste]. »
Ce texte est un exemple de demande d’information, pas un acte procédural adapté à tous les litiges. Conservez la demande, sa réception et les réponses. Si les documents ne sont pas fournis, faites examiner la démarche utile par le professionnel compétent au lieu de conclure automatiquement à une fraude.
Lorsqu’un mandataire est désigné, l’article 1993 lui impose de rendre compte de sa gestion. Le guide pouvoirs et contrôle du mandataire en indivision explique les cadres de mission et les documents à demander.
Source : Code civil, article 1993.
Demandez aussi comment sont arrêtés les comptes périodiques, qui conserve les pièces et qui peut vérifier les mouvements. Un suivi régulier facilite la préparation d’un partage et permet de traiter un désaccord chiffré sans attendre plusieurs années.
Un membre de la famille peut-il décider sans votre accord ?
Cela dépend de l’acte, du régime applicable et des droits détenus. Dans le régime légal, l’article 815-2 permet à tout indivisaire de prendre les mesures nécessaires à la conservation, même sans urgence. Une rénovation de convenance ne doit pas être qualifiée automatiquement de conservation.
Source : Code civil, article 815-2.
| Acte envisagé | Règle à examiner | Limite essentielle |
|---|---|---|
| Mesure nécessaire à la conservation | Un indivisaire peut agir selon l’article 815-2. | Établir la nécessité et documenter les dépenses. |
| Administration ordinaire | Au moins deux tiers des droits indivis selon l’article 815-3. | Informer les autres ; vérifier la qualification de l’acte. |
| Mandat général d’administration | Possible à la majorité des deux tiers des droits dans ce cadre. | Les pouvoirs ne couvrent pas automatiquement une vente. |
| Bail | Certains baux relèvent de la majorité de l’article 815-3. | Exceptions pour les usages agricole, commercial, industriel ou artisanal. |
| Disposition et vente amiable de l’immeuble | En principe accord de tous ; procédures particulières à distinguer. | Les deux tiers ne donnent pas le droit de signer seuls une vente libre. |
Les deux tiers se comptent en droits, pas en personnes. Exemple fictif : trois proches détiennent 60 %, 25 % et 15 %. Les titulaires de 25 % et 15 % réunissent 40 % : être deux personnes sur trois ne leur donne pas les deux tiers des droits. Les titulaires de 60 % et 15 % réunissent 75 %.
L’article 815-3 impose l’information des autres indivisaires pour les décisions qu’il vise ; à défaut, ces décisions leur sont inopposables. Il distingue aussi les actes d’administration, les actes hors exploitation normale et les actes de disposition. Faites examiner l’acte réellement signé et l’information donnée.
Source : Code civil, article 815-3.
La procédure de l’article 815-5-1 peut permettre une aliénation autorisée par le tribunal à l’initiative de titulaires d’au moins deux tiers, sous ses conditions. Elle ne vaut pas une autorisation générale de vente amiable et exclut notamment le démembrement. Consultez la règle des deux tiers des droits indivis et les voies de vente malgré un refus.
Source : Code civil, article 815-5-1.
Une convention peut modifier le cadre de gestion dans les limites de son régime ; relisez-la avant de transposer ce tableau. Un acte déjà conclu sans les pouvoirs requis demande une analyse de ses effets, pas seulement un nouveau vote familial.
Que faire si un proche occupe seul la maison ou refuse l’accès ?
Chaque indivisaire peut utiliser le bien dans la mesure compatible avec les droits des autres et les actes valablement conclus. L’article 815-9 prévoit que, faute d’accord, l’usage peut être réglé provisoirement par le président du tribunal.
Le même article prévoit une indemnité pour celui qui use ou jouit privativement du bien, sauf convention contraire. Vérifiez la nature du droit d’occupation, son caractère privatif, les dates et les accords. Ne supposez pas qu’une indemnité est toujours due parce qu’un seul proche réside sur place.
Source : Code civil, article 815-9.
L’indemnité d’occupation est prise en compte dans les comptes de l’indivision. Elle ne se confond pas avec un loyer fixé unilatéralement par un autre propriétaire. Son montant et sa période doivent être convenus ou déterminés dans le cadre adapté.
Écrivez les conditions d’accès, l’usage des clés, les visites nécessaires à l’entretien et l’éventuelle occupation exclusive. Si un accès est refusé, conservez les échanges et faites examiner une demande adaptée ; un conflit de propriété ne se règle pas par une entrée forcée ou une expulsion décidée seul.
Un bail, un usufruit ou un droit au logement du conjoint survivant impose une analyse spécifique. Consultez location et occupation d’un bien indivis et droits au logement du conjoint survivant. Ces droits ne doivent pas être assimilés à une occupation sans titre.
Comment protéger sa part de loyers et de bénéfices ?
Les revenus du bien ne deviennent pas la propriété du proche qui les encaisse. L’article 815-10 prévoit leur accroissement à l’indivision, sous les exceptions d’accord ou de partage provisionnel qu’il vise. Les bénéfices et pertes sont répartis proportionnellement aux droits.
Source : Code civil, article 815-10.
Demandez les recettes brutes, les dépenses et les sommes disponibles. Ne calculez pas votre droit à partir du seul montant d’un loyer annoncé : certaines dépenses doivent être examinées, et les comptes peuvent comporter des avances ou créances entre titulaires.
Exemple fictif simplifié : un bien produit 12 000 € de recettes sur une période. Si 3 000 € de dépenses doivent être retenus, le résultat est de 9 000 €. Pour un titulaire de 25 %, un calcul proportionnel donne 2 250 €, sous réserve des comptes, accords et dépenses effectivement opposables. Les 3 000 € de recettes brutes correspondant à 25 % ne constituent pas automatiquement le montant à verser.
L’article 815-11 permet à chaque indivisaire de demander sa part annuelle des bénéfices, après les déductions prévues. En cas de contestation, il envisage une répartition provisionnelle par le président du tribunal, sous réserve du compte définitif. Une avance en capital répond aussi aux conditions du texte et aux fonds disponibles.
Source : Code civil, article 815-11.
Pour un bien loué, le guide gestion des loyers en indivision complète la préparation du dossier. Faites distinguer une recette manquante, un arriéré de locataire, une dépense contestée et une somme dont la répartition reste à arrêter.
Vous payez seul les charges ou les travaux : quels comptes préserver ?
Une dépense financée personnellement doit être documentée, mais elle n’augmente pas automatiquement votre quote-part. Sa qualification et son traitement dans les comptes restent à examiner.
L’article 815-13 distingue les améliorations, appréciées selon l’équité au regard de l’augmentation de valeur, et les dépenses personnelles nécessaires à la conservation, même sans amélioration. Le texte prévoit aussi la responsabilité d’un indivisaire pour certaines dégradations ou détériorations.
Source : Code civil, article 815-13.
Conservez la décision, la facture, la preuve du paiement et les éléments montrant l’utilité de l’intervention. Pour une fuite, des travaux nécessaires ou une dépense évitant une perte du bien, documentez l’état initial, la nécessité et le résultat. Un devis coûteux ne suffit pas à démontrer une augmentation équivalente de valeur.
Établissez un état des avances par personne. Faites distinguer dépenses de conservation, améliorations, entretien, charges liées à l’occupation et dépenses personnelles. Le guide qui paie les travaux en indivision explique pourquoi le remboursement ne se réduit pas toujours au montant total des factures.
Les obligations envers un créancier doivent être séparées des comptes internes. Vos engagements bancaires ou contractuels peuvent dépasser le pourcentage que vous détenez. La fiche sur les engagements des co-emprunteurs après une séparation illustre cette distinction dans le cadre du couple ; pour une indivision familiale, faites vérifier les contrats réellement signés.
Un désaccord avec un proche ne supprime pas une échéance d’assurance, de crédit ou de taxe. Consultez la taxe foncière en indivision et l’assurance habitation et son paiement pour identifier les pièces et interlocuteurs.
Comment contrôler un mandat ou une gestion familiale ?
Le gestionnaire doit agir dans les pouvoirs qui lui ont été confiés. Une procuration générale, une gestion tolérée et un mandat exprès pour vendre n’ont pas le même effet. La présence d’un nom sur les courriers ne prouve pas un pouvoir illimité.
L’article 1988 distingue le mandat général d’administration et les pouvoirs exprès nécessaires pour certains actes de disposition. Demandez l’acte de mandat, la mission, sa durée et les actes signés. En cas de gestion tacite, l’article 815-3 fixe aussi des limites, notamment pour les baux et les actes de disposition.
Sources : Code civil, article 1988, Code civil, article 815-3.
Prévoyez un compte périodique, un classement commun des justificatifs et une procédure pour les dépenses dépassant la mission. Le gestionnaire ne doit pas remplacer les accords nécessaires par sa propre appréciation de l’intérêt de la famille.
Si un acte ou une dépense est contesté, décrivez la différence entre pouvoir donné et acte accompli. L’avocat peut examiner les effets et les demandes envisageables ; une erreur alléguée ne permet pas automatiquement d’annuler tous les actes ou de récupérer toutes les sommes.
Le guide mandataire en indivision : missions et limites distingue le mandat du régime légal, le gérant d’une convention et les mandataires successoraux. Le cadre de désignation et de contrôle doit correspondre à celui qui existe dans votre dossier.
Faut-il attendre le partage pour réclamer des sommes ?
Il est utile de faire examiner les droits et délais dès que le désaccord apparaît. Attendre une vente ou un partage n’est pas une réponse universelle aux comptes impayés ou aux revenus manquants.
L’article 815-10 prévoit une limite de cinq ans pour la recherche relative aux fruits et revenus, à compter de leur perception ou du moment où ils auraient pu être perçus. Relevez les dates de chaque période et les démarches déjà entreprises.
L’article 2224 pose un délai de droit commun de cinq ans pour les actions personnelles ou mobilières, avec un point de départ lié à la connaissance des faits. Il ne faut pas appliquer cette règle de façon identique à toutes les créances, tous les comptes et toutes les demandes portant sur une indivision.
Source : Code civil, article 2224.
Demandez au professionnel de qualifier la créance, son débiteur, sa date d’exigibilité et les démarches qui peuvent préserver vos droits. Une demande d’information ou une réunion familiale ne remplace pas automatiquement les formalités nécessaires. Le dossier doit garder les dates, demandes et réponses.
Une répartition provisionnelle des bénéfices, un traitement des avances et le partage final sont des opérations distinctes. Pour comprendre les comptes définitifs, consultez le calcul du partage des biens indivis.
Comment protéger le bien ou les fonds en cas d’urgence ?
Une urgence portant sur l’intérêt commun peut justifier une mesure ciblée avant le partage. Une fuite importante, des dégradations documentées ou des fonds nécessaires à la conservation appellent une analyse distincte d’un simple désaccord sur le prix.
L’article 815-6, dans sa version en vigueur depuis le 9 avril 2026, permet au président du tribunal judiciaire de prescrire ou autoriser les mesures urgentes requises par l’intérêt commun. Il vise notamment une provision pour les besoins urgents, une administration ou un séquestre, et prévoit aussi une autorisation de conclure seul un acte de vente.
Source : Code civil, article 815-6.
Ces dispositions ne rendent pas toute vente possible sans conditions ni toute somme contestée immédiatement récupérable. Préparez les preuves de l’urgence, du risque et du besoin commun, puis faites déterminer la demande adaptée par l’avocat.
L’article 815-5 répond à une autre situation : un acte peut être autorisé lorsque le refus d’un indivisaire met en péril l’intérêt commun, avec les limites du texte, notamment en présence d’un usufruit. Il ne suffit pas qu’un refus soit gênant pour votre projet personnel.
Source : Code civil, article 815-5.
Le conflit familial ne fait pas disparaître les droits des créanciers. L’article 815-17 distingue ceux pouvant poursuivre les biens indivis et les créanciers personnels d’un indivisaire, qui peuvent notamment provoquer le partage au nom de leur débiteur dans le cadre prévu.
Source : Code civil, article 815-17.
Consultez indivision et créanciers : saisie, partage et protections pour préparer les contrats, dettes et actes reçus. Faites traiter une échéance ou un risque concret parallèlement aux discussions familiales.
Comment proposer un accord sans renoncer à ses droits ?
Une proposition utile sépare les mesures provisoires et le projet final. Vous pouvez demander la communication des comptes, une règle d’occupation et le suivi des dépenses tout en discutant d’un maintien, d’un rachat ou d’une vente.
- Décrivez le bien, les personnes concernées et l’objectif recherché.
- Distinguez les points admis, contestés et restant à documenter.
- Demandez les pièces précises et proposez un calendrier d’échange.
- Présentez les options avec valeur, frais, financement et conditions.
- Faites vérifier les engagements et actes avant une signature définitive.
Un échange disant « chacun prend sa part » ne règle pas la valeur, les dettes, l’occupation et les comptes. Évitez les formulations générales de renonciation lorsque vous ne disposez pas encore des éléments nécessaires pour les apprécier.
La médiation familiale peut faciliter les échanges et la construction d’un accord ; le médiateur ne tranche pas le litige à la place du juge. Consultez la fiche officielle sur la médiation familiale. Une discussion amiable ne doit pas laisser sans traitement une urgence ou une échéance juridique.
La fiche sur l’accord amiable pour éviter un procès civil présente les cadres possibles. Les exigences préalables dépendent de la demande : ne supposez pas qu’une médiation identique est obligatoire pour toutes les actions d’indivision.
Pour le parcours de résolution et les interlocuteurs, voyez les démarches face à un conflit en indivision. Ce dossier complète la protection de vos comptes et droits par une méthode de règlement.
Conserver le bien en famille : ce qu’une convention peut organiser
Une convention d’indivision peut rendre explicites la gestion, l’occupation et les perspectives de maintien en commun. Elle ne modifie pas à elle seule les titres de propriété et ne garantit pas qu’aucun désaccord ne surviendra.
L’article 1873-2 prévoit un écrit désignant les biens et les quotes-parts, avec des formalités de publicité foncière pour les immeubles. L’article 1873-3 distingue une durée déterminée, limitée à cinq ans et renouvelable expressément, d’une durée indéterminée. Les conditions de demande de partage diffèrent.
Sources : Code civil, article 1873-2, Code civil, article 1873-3.
Organisez l’accès au bien, les appels de fonds, les comptes, les pouvoirs de gestion et la discussion d’une sortie. Faites relire les clauses à la lumière des droits réellement détenus ; des règles adaptées à la pleine propriété ne s’appliquent pas automatiquement à un démembrement.
Le guide préparer une convention d’indivision présente les questions à traiter avec le notaire. La convention ne vaut pas un partage, une libération d’emprunt ou une vente de droits entre proches.
Quelles options si le désaccord familial persiste ?
Le choix dépend de ce que vous souhaitez protéger ou obtenir. Recevoir des informations, conserver le bien, céder votre droit et partager tout le patrimoine ne produisent pas le même résultat.
| Option | Résultat recherché | Point à examiner |
|---|---|---|
| Accord provisoire ou convention | Organiser occupation, gestion et comptes. | Droits de chacun, engagements écrits et durée. |
| Rachat par un autre indivisaire | Céder vos droits contre un prix convenu. | Valeur, comptes, financement et acte notarié. |
| Vente de votre quote-part à un tiers | Recevoir le prix de vos droits transférés. | Préemption, titre, occupation et formalités. |
| Vente du bien avec les accords nécessaires | Répartir le prix et traiter les comptes. | Tous les droits cédés, dettes, frais et signatures. |
| Demande judiciaire adaptée | Traiter un blocage ou demander un partage. | Fondement, pièces, démarches amiables, coûts et décision. |
L’article 815 permet de provoquer le partage, sous les réserves d’un sursis judiciaire ou conventionnel. Il ne donne pas à chacun le pouvoir de vendre seul les droits des autres ni la garantie de récupérer rapidement la valeur qu’il souhaite.
Source : Code civil, article 815.
Lors d’une cession à titre onéreux à une personne extérieure, le droit de préemption de l’article 815-14 doit être examiné. Le guide préemption en indivision et celui sur la cession de parts indivises détaillent la préparation.
Source : Code civil, article 815-14.
Pour un partage judiciaire, l’article 1360 du Code de procédure civile exige notamment un descriptif du patrimoine, les intentions de répartition et les diligences accomplies pour parvenir à un partage amiable. Faites préparer l’assignation par l’avocat ; une plainte générale sur les tensions familiales ne remplace pas ces éléments.
Source : Code de procédure civile, article 1360.
Consultez le partage judiciaire et la fiche sur le partage successoral. Si le dossier porte sur une succession dont une étape reste bloquée, voyez les causes et solutions d’une succession bloquée.
Pour comparer un rachat, documentez la valeur des droits et le montant net après comptes et frais. Le guide estimer ses parts indivises prépare cette analyse. Il n’existe pas de prix ni de décote automatique valables pour toutes les familles.
Si l’un des héritiers souhaite garder la maison, voyez préparer le rachat de la maison familiale entre frères et sœurs. Une proposition chiffrée doit distinguer valeur, comptes d’occupation et de dépenses, acte envisagé et financement.
Fiscalité, SCI et coûts : éviter les promesses générales
Le maintien d’un bien dans la famille ne crée pas à lui seul une exonération fiscale. La fiscalité doit être étudiée selon la transmission, les revenus, les droits détenus et l’opération. Répartir librement le prix entre proches selon leurs tranches d’impôt ne remplace pas leurs droits et comptes.
Une SCI est une société dotée de statuts et d’obligations propres. Elle ne fait pas disparaître un désaccord déjà existant et ne garantit pas une économie fiscale. Passer d’une indivision à une société suppose d’examiner les accords, les actes, la fiscalité et les frais.
Consultez indivision ou SCI : comparer les cadres et les avantages fiscaux de l’indivision et leurs limites. Le choix doit correspondre au patrimoine et au projet, pas à une promesse d’optimisation universelle.
Avant tout rachat, vente ou partage, faites établir un budget séparant droits et taxes, actes, formalités, évaluation, honoraires et financement. Le dossier frais notariés en indivision aide à distinguer les opérations. Un pourcentage unique ne décrit pas toutes les sorties.
Questions fréquentes sur les désaccords en indivision familiale
Puis-je obtenir les comptes même si je suis minoritaire ?
L’article 815-8 impose un état des revenus perçus et frais exposés pour l’indivision, à disposition des indivisaires. Votre faible quote-part ne supprime pas ce droit. Demandez une période et des justificatifs précis, sans exiger indistinctement tous les comptes personnels d’un proche.
Deux membres sur trois peuvent-ils décider de vendre la maison ?
La majorité se compte en droits indivis, pas en personnes. L’article 815-3 concerne certains actes d’administration ; il ne donne pas un pouvoir général de vente de l’immeuble. Une vente malgré un refus demande de vérifier les conditions d’une procédure adaptée.
Mon frère habite seul le bien : me doit-il un loyer ?
L’usage privatif peut entraîner une indemnité d’occupation, sauf convention contraire. Vérifiez le titre, l’usage, les périodes et les accords. Cette indemnité se traite dans les comptes de l’indivision ; elle n’est pas un loyer fixé unilatéralement par un autre propriétaire.
Payer tous les travaux augmente-t-il ma part de propriété ?
Non, pas automatiquement. Les dépenses personnelles peuvent appeler un traitement dans les comptes selon leur qualification et les preuves. L’article 815-13 distingue conservation et amélioration. Le titre continue à déterminer votre quote-part tant qu’une opération valable ne la modifie pas.
Puis-je réclamer ma part de loyers avant la vente ?
L’article 815-11 permet de demander la part annuelle des bénéfices sous les déductions prévues. Une répartition provisionnelle peut être examinée en cas de contestation. Les recettes brutes, dépenses et comptes doivent être distingués avant de déterminer le montant.
Faut-il attendre un accord familial pour conserver le bien ?
L’article 815-2 permet à tout indivisaire de prendre les mesures nécessaires à la conservation, même sans urgence. Pour des mesures judiciaires urgentes, l’article 815-6 vise l’intérêt commun. Une rénovation de convenance ne doit pas être assimilée automatiquement à une conservation nécessaire.
La SCI règle-t-elle automatiquement un conflit familial ?
Non. Une société demande des accords, des statuts, des actes et un budget adaptés. Elle ne supprime pas automatiquement les contestations anciennes ni les comptes. Son intérêt juridique et fiscal doit être étudié selon le projet.
Puis-je sortir si les autres veulent conserver le bien ?
Vous pouvez étudier une cession ou un rachat de vos droits et, dans le cadre de l’article 815, une demande de partage sous ses réserves. Vous ne pouvez pas vendre seul les droits des autres. Les formalités, coûts et droits existants restent à examiner.
Sources officielles et auteur
Références vérifiées pour le droit français lors de cette révision du 4 octobre 2026, notamment l’article 815-6 dans sa version d’avril 2026. Les exemples sont fictifs et simplifiés ; les actes, comptes, droits d’occupation et délais doivent être rapprochés du dossier.
- Code civil, article 815
- Code civil, article 815-2
- Code civil, article 815-3
- Code civil, article 815-5
- Code civil, article 815-5-1
- Code civil, article 815-6
- Code civil, article 815-8
- Code civil, article 815-9
- Code civil, article 815-10
- Code civil, article 815-11
- Code civil, article 815-13
- Code civil, article 815-14
- Code civil, article 815-17
- Code civil, article 1873-2
- Code civil, article 1873-3
- Code civil, article 1988
- Code civil, article 1993
- Code civil, article 2224
- Code de procédure civile, article 1360
- Service Public : indivision entre héritiers
- Service Public : partage des biens successoraux
- Service Public : médiation familiale
- Service Public : accord amiable pour éviter un procès civil
- Service Public : engagements des co-emprunteurs après une séparation
Christian Mahout est fondateur d’Indivision Patrimoine, société qui étudie des acquisitions immobilières. Le notaire prépare les actes et opérations ; l’avocat examine les litiges. Notre société intervient comme acquéreur potentiel, sans pouvoir trancher le désaccord familial.
Vous envisagez de vendre vos droits immobiliers indivis ?
Indivision Patrimoine étudie l’acquisition de biens et de parts indivises à Paris et en Île-de-France. Le projet doit identifier les droits proposés, l’occupation, les comptes et les formalités applicables. Notre service de rachat de parts indivises examine ces éléments ; une éventuelle offre dépend du dossier.
Le formulaire ci-dessous concerne un projet de vente à notre société. Pour demander des comptes, préparer un accord ou engager un recours, consultez le notaire ou l’avocat compétent. Notre rôle d’acquéreur ne remplace pas leur examen des droits et des actes.






