Un bien professionnel peut être détenu en indivision : plusieurs personnes possèdent alors des droits sur le même local, équipement ou autre actif. Cette propriété commune ne se confond pas avec l’entreprise qui l’utilise. Il faut identifier le propriétaire, l’exploitant, le titre d’occupation et les pouvoirs de décision avant de louer, financer, transmettre ou vendre.
Mis à jour le · Par Christian Mahout, fondateur d’Indivision Patrimoine.
Ce guide porte surtout sur les locaux professionnels détenus directement à plusieurs. Il distingue aussi les droits sociaux indivis et certains actifs soumis à un régime particulier. Pour le principe général, consultez la définition de l’indivision.
Accès rapide : identifier le bien · décider et signer · organiser l’occupation · suivre les comptes · succession · cession et sortie.
Quels biens professionnels peuvent être détenus en indivision ?
La première question est : qui possède précisément quoi ? Un local peut appartenir à deux personnes physiques et être loué à une société. À l’inverse, il peut appartenir à une société dont deux personnes sont associées. Ces situations n’entraînent pas les mêmes pouvoirs sur l’immeuble.
| Situation | Droit détenu à plusieurs | Règles à examiner |
|---|---|---|
| Murs d’un commerce ou d’un cabinet achetés directement à plusieurs | Quotes-parts du même immeuble. | Titre immobilier, indivision et contrat d’occupation. |
| Immeuble appartenant à une SCI ou à une société exploitante | Les associés détiennent des titres ; la société possède l’immeuble. | Statuts, pouvoirs des organes sociaux et actes de la société. |
| Même part sociale reçue par plusieurs héritiers | Droits indivis sur cette part sociale. | Représentation des copropriétaires, statuts et règles propres à la société. |
| Matériel ou fonds appartenant directement à plusieurs personnes | Droits sur les actifs identifiés dans les titres et inventaires. | Propriété, exploitation, contrats et formalités propres à chaque actif. |
| Brevet détenu par plusieurs titulaires | Copropriété d’un droit de propriété industrielle. | Régime spécial du Code de la propriété intellectuelle. |
L’article 1842 fixe l’acquisition de la personnalité morale à l’immatriculation pour les sociétés qu’il vise, avec des exceptions. Pour une société dotée de cette personnalité, être associé ne signifie pas être directement copropriétaire indivis de chacun de ses immeubles. Consultez la comparaison entre indivision et SCI.
Source : Code civil, article 1842.
Le financement commun d’un achat, l’usage partagé d’un atelier et la propriété du matériel sont trois questions distinctes. Réunissez les actes d’acquisition, factures, contrats de crédit, statuts et inventaires. Une facture ou un paiement ne doit pas être interprété isolément comme la preuve de toutes les quotes-parts.
Exemple fictif : deux sœurs détiennent les murs d’une boutique à 50 % chacune. La SAS exploitant le commerce appartient à une seule d’entre elles. La SAS n’acquiert pas la moitié des murs par son activité dans les lieux ; l’occupation et le loyer doivent être examinés séparément de l’actionnariat.
Qui peut décider et signer pour un local professionnel indivis ?
La règle dépend de l’acte envisagé, du régime de l’indivision et des pouvoirs du signataire. Dans le régime légal, conservation, administration, bail particulier et disposition ne se traitent pas de façon identique.
| Acte envisagé | Repère juridique | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Mesure nécessaire à la conservation | Un indivisaire peut agir, même sans urgence : article 815-2. | Nécessité réelle de conserver le bien. |
| Administration courante et mandat général d’administration | Au moins deux tiers des droits : article 815-3. | Information des autres et limites de l’exploitation normale. |
| Bail d’un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal | Exclu du pouvoir majoritaire prévu pour les autres baux. | Accord de tous dans le régime légal, ou pouvoir ou autorisation valable à examiner. |
| Vente amiable de tout l’immeuble ou hypothèque | Accord de tous pour l’opération envisagée. | Droits détenus, pouvoirs exprès et éventuels recours judiciaires distincts. |
Sources : Code civil, article 815-2, Code civil, article 815-3.
Les deux tiers se calculent en droits et non en personnes. Une décision majoritaire ne dispense pas de l’information requise. Le mandat tacite de gestion ne couvre pas la conclusion ou le renouvellement des baux.
L’article 1988 distingue le mandat général d’administration du mandat exprès requis notamment pour aliéner ou hypothéquer. Le responsable des courriels ou des encaissements n’a donc pas nécessairement le pouvoir de signer un acte immobilier. Le dossier missions et pouvoirs du mandataire d’indivision détaille cette vérification.
Source : Code civil, article 1988.
Avant signature, faites relever les indivisaires, leurs droits, les accords et les procurations. En cas de convention ou de décision judiciaire, examinez le texte applicable au pouvoir revendiqué : ce tableau ne remplace pas cette analyse. La méthode de calcul des deux tiers aide à préparer le dossier.
Quel bail prévoir pour l’entreprise ou le professionnel occupant ?
Le type de contrat dépend de l’activité et de l’usage réel des lieux. L’expression « local professionnel » ne suffit pas à choisir un bail professionnel. Le titre d’occupation doit être cohérent avec la situation de l’exploitant et les droits des propriétaires.
Le bail professionnel concerne principalement les activités libérales. Il doit être écrit et sa durée est d’au moins six ans. Un usage mixte habitation et activité relève d’un autre cadre. La fiche officielle sur le bail professionnel précise les règles du contrat, des charges et de sa fin.
Le bail commercial répond aux conditions du statut des baux commerciaux. Il vise notamment les activités commerciales, industrielles et artisanales dans les situations prévues. Une activité libérale peut aussi être placée volontairement sous ce régime par accord. Consultez la fiche officielle sur le bail commercial pour déterminer le contrat adapté.
Préparez l’identité du bailleur et du preneur, la désignation des locaux, la destination autorisée, le loyer, les charges, les travaux, les garanties et les pouvoirs de signature. Si l’entreprise occupante est une société, la personne qui la représente doit aussi être habilitée côté preneur. Un pouvoir au sein de la société ne vaut pas procuration des propriétaires indivis.
Exemple fictif : un frère exploite une boulangerie dans un local hérité avec sa sœur. Le projet de bail doit être examiné comme un contrat lié à l’exploitation commerciale et non comme une simple autorisation informelle entre héritiers. Le lien familial ne remplace pas la qualification du contrat ni les accords nécessaires.
La location d’un bien indivis dispose d’un guide général. Pour les cabinets libéraux, voyez les particularités des professions libérales en indivision. La présente page relie ces contrats à la propriété du bien et à l’organisation de l’activité.
Pour une exploitation agricole, le guide indivision agricole : foncier, bail et activité précise la conclusion du bail rural, les consentements nécessaires et la différence entre fermage et résultat de l’exploitation. La détention des terres ne donne pas automatiquement des droits sur les profits du locataire.
Comment organiser l’usage par un indivisaire ou par sa société ?
L’occupant doit être identifié : un indivisaire, sa société ou un tiers ne sont pas la même personne. Décrivez qui utilise les lieux, depuis quand, pour quelle activité et sur quel fondement. Évitez d’additionner sans analyse un loyer et une indemnité pour une même occupation.
L’article 815-9 encadre l’usage du bien par un indivisaire : destination, droits des autres et actes applicables doivent être respectés. Une jouissance privative peut donner lieu à une indemnité, sauf convention contraire. À défaut d’accord, l’exercice du droit d’usage peut être réglé provisoirement par le président du tribunal.
Source : Code civil, article 815-9.
Si une société occupe les locaux, analysez son propre titre d’occupation. Elle ne bénéficie pas automatiquement des droits personnels de son dirigeant indivisaire. Si une mise à disposition gratuite est envisagée, faites préciser son cadre, les autorisations et ses conséquences plutôt que de la laisser reposer sur une tolérance non documentée.
Le dossier usage privatif et indemnité d’occupation présente les distinctions utiles. Pour un local d’activité, faites en plus vérifier la destination, les contrats, les assurances et les exigences liées à l’exploitation. L’accord entre propriétaires ne dispense pas l’entreprise de ses obligations propres.
Formalisez aussi les accès, les clés, les espaces utilisés, le stockage, les périodes d’intervention et les travaux autorisés. Ces éléments pratiques permettent de comprendre l’usage effectif et de préparer les comptes. Une occupation décrite précisément est plus facile à examiner qu’une formule générale comme « il utilise le bien familial ».
Comment répartir loyers, dépenses et travaux ?
Séparez la trésorerie du bien et celle de l’entreprise. Un local loué peut produire des revenus pour ses propriétaires tandis que l’entreprise réalise son propre chiffre d’affaires. La quote-part de propriété des murs n’attribue pas, à elle seule, la même fraction du bénéfice de l’exploitant.
L’article 815-10 organise le traitement des fruits et revenus du bien indivis ainsi que la répartition des bénéfices et pertes selon les droits. Tenez compte des accords et des dépenses avant d’interpréter un loyer encaissé comme un montant immédiatement disponible pour chaque propriétaire.
Source : Code civil, article 815-10.
Celui qui perçoit des revenus ou expose des frais pour l’indivision doit en tenir un état à disposition des autres selon l’article 815-8. Conservez les factures, relevés, décisions, dates et motifs. Le suivi doit permettre de distinguer le paiement du preneur, la dépense du bailleur et une avance personnelle.
Source : Code civil, article 815-8.
Les charges entre bailleur et locataire dépendent du contrat et du régime applicable. Le bail professionnel laisse une place importante à l’accord ; le bail commercial encadre la répartition. Un arrangement entre indivisaires n’est pas, à lui seul, opposable au preneur pour lui facturer une dépense.
Les dépenses de conservation ou d’amélioration financées personnellement se traitent dans les comptes selon leur nature et les critères de l’article 815-13. Payer une toiture ou un aménagement ne modifie pas automatiquement les quotes-parts du titre. Consultez le financement des travaux en indivision et la taxe foncière d’un bien indivis.
Source : Code civil, article 815-13.
Pour une dépense importante, documentez avant engagement le propriétaire concerné, le devis, le pouvoir de décider, la personne facturée et le financeur. Un aménagement demandé par l’entreprise, un entretien des murs et une réparation nécessaire à leur conservation ne doivent pas être fusionnés dans une seule ligne « frais professionnels ».
L’indivision protège-t-elle contre les dettes de l’entreprise ?
La propriété commune n’est pas une garantie générale contre les créanciers. Commencez par identifier le débiteur : société, exploitant personne physique ou propriétaire. Examinez ensuite les contrats, les cautions et les sûretés effectivement consenties.
L’article 815-17 distingue les créanciers pouvant poursuivre les biens indivis et les créanciers personnels d’un indivisaire. Dans le régime légal, ces derniers ne saisissent pas directement sa part dans les biens indivis ; ils peuvent notamment provoquer le partage dans les conditions du texte. Une indivision ne rend donc pas le patrimoine hors d’atteinte.
Source : Code civil, article 815-17.
Les droits des autres propriétaires ne deviennent pas automatiquement le gage d’une dette personnelle. Leurs engagements propres et les garanties consenties restent cependant à examiner. Une société exploitante locataire, un indivisaire emprunteur et plusieurs propriétaires signataires d’une garantie ne présentent pas le même dossier.
La page créanciers de l’indivision : droits et protections détaille les procédures. Ici, la priorité est de classer chaque dette selon son origine, son débiteur, sa garantie et le bien visé. Faites analyser tout acte reçu avec ses dates ; un courrier de recouvrement et une mesure d’exécution ne se traitent pas de manière identique.
Pour un financement nouveau, demandez que le dossier distingue les personnes engagées, le pouvoir de signer et la portée de la garantie. La disponibilité de trésorerie, la propriété de l’actif et la faculté de l’affecter en garantie doivent être vérifiées séparément.
Quelle organisation prévoir dans une convention d’indivision ?
La convention peut organiser la détention, l’usage, les comptes et les décisions dans le cadre légal. Elle ne constitue pas les statuts de l’entreprise et ne transforme pas automatiquement un bail ni les droits d’un créancier.
L’article 1873-2 exige notamment l’accord des coïndivisaires et un écrit désignant les biens et les quotes-parts. Les formalités applicables aux immeubles doivent être respectées ; préparez la convention immobilière avec le notaire.
Source : Code civil, article 1873-2.
La durée doit être choisie explicitement. L’article 1873-3 prévoit une durée déterminée d’au plus cinq ans, renouvelable, ou une durée indéterminée avec ses conditions de demande de partage. Cette règle ne fixe pas une durée maximale générale de toute indivision.
Source : Code civil, article 1873-3.
- Identifier les murs, dépendances et équipements réellement détenus ensemble.
- Distinguer les relations entre propriétaires du contrat conclu avec l’exploitant.
- Prévoir la préparation des décisions, leur conservation et l’information.
- Définir les justificatifs, appels de fonds et comptes accessibles.
- Organiser les échanges en cas de décès, désaccord ou projet de cession.
Utilisez le guide établir une convention d’indivision efficace pour préparer les clauses. Définissez aussi le rôle de la personne chargée du suivi : réunir les pièces, représenter les propriétaires et diriger l’entreprise sont des missions différentes.
Une convention utile doit pouvoir être appliquée : interlocuteur identifié, documents consultables et procédure prévue pour une décision importante. Elle ne doit pas promettre une unanimité permanente ou un pouvoir illimité de vente. Faites vérifier les clauses avec le professionnel qui prépare l’acte.
Que deviennent les biens professionnels après un décès ?
La succession doit être examinée sans supposer que toute l’activité cesse ou que tout le patrimoine professionnel revient à l’exploitant. Il faut identifier les biens et droits transmis, les héritiers, les éventuels droits du conjoint et les règles de continuation de l’entreprise.
L’article 821 permet, dans les situations qu’il vise, un maintien judiciaire de l’indivision d’une entreprise exploitée par le défunt ou son conjoint. Les personnes pouvant le demander sont définies par l’article 822, notamment selon la présence de descendants mineurs ou la situation du conjoint survivant.
Sources : Code civil, article 821, Code civil, article 822.
L’article 823 limite ce maintien à cinq ans par période, avec les renouvellements prévus selon la situation. Il ne faut pas confondre ce mécanisme judiciaire avec la convention d’indivision ni le présenter comme un maintien automatique de toute entreprise familiale.
Source : Code civil, article 823.
L’attribution préférentielle prévue à l’article 831 peut aussi être demandée, sous conditions, pour une entreprise ou certains droits sociaux, avec une éventuelle soulte. La participation effective à l’exploitation et les règles légales ou statutaires doivent être examinées. Exploiter le bien ne donne pas, à lui seul, un droit inconditionnel à le recevoir.
Source : Code civil, article 831.
Le guide indivision successorale : gestion et sortie expose le cadre général. Pour préparer une transmission professionnelle, réunissez en plus les statuts, conventions, baux, inventaires, comptes et engagements en cours. Le notaire et les conseils de l’entreprise doivent pouvoir rapprocher le dossier successoral de la réalité de l’exploitation.
Comment gérer des parts sociales ou un brevet détenus à plusieurs ?
Il faut appliquer le régime propre au droit détenu. Détenir ensemble des parts sociales ne donne pas directement les pouvoirs d’un propriétaire indivis sur les murs appartenant à la société.
L’article 1844 prévoit la représentation des copropriétaires d’une part sociale indivise par un mandataire unique, avec désignation judiciaire en cas de désaccord. Le texte permet des dérogations statutaires à cet alinéa. Vérifiez donc aussi les statuts et les règles propres à la forme sociale avant d’organiser les votes.
Source : Code civil, article 1844.
Cette représentation au sein de la société doit être distinguée du mandat de gestion d’un immeuble indivis. Si la succession comprend à la fois les murs détenus directement et des droits sociaux, préparez deux analyses articulées plutôt qu’une procuration générale censée couvrir toutes les opérations.
Un brevet suit un régime spécial : les articles L613-29 à L613-32 organisent notamment son exploitation et les droits des copropriétaires. L’article L613-30 exclut expressément l’application des règles d’indivision du Code civil qu’il énumère. Consultez les dispositions officielles sur la copropriété des brevets.
Les marques, logiciels, droits d’auteur et autres actifs incorporels ne doivent pas être regroupés sous une règle uniforme. Identifiez le titre et les contrats, puis faites examiner leur régime. Ce guide sur la détention commune de biens professionnels ne propose pas une procédure unique de cession pour l’ensemble de ces actifs.
Un local professionnel indivis est-il exonéré d’IFI ?
Pas automatiquement : l’usage professionnel ne suffit pas. L’article 975 du Code général des impôts encadre l’exonération des biens ou droits immobiliers affectés à certaines activités, selon la situation du redevable et de l’entreprise.
Il faut notamment examiner l’activité principale, la forme d’exploitation et, dans les cas concernés, les fonctions exercées, la rémunération ou la participation. La situation des titulaires de droits peut différer. Une location à une entreprise ou une mention dans une convention n’établit pas, seule, l’exonération.
Source : Code général des impôts, article 975, version de février 2026. Consultez la déclaration à l’IFI d’un bien indivis pour le dossier immobilier et les limites des avantages fiscaux de l’indivision.
Pour les autres impôts, partez des opérations réelles et du régime applicable aux personnes et à l’activité. Ne déduisez pas un choix automatique entre IR et IS du seul mot « indivision ». Le propriétaire, le preneur et l’entreprise peuvent avoir des obligations distinctes ; faites rapprocher les déclarations des contrats et des comptes.
Comment vendre ou sortir de l’indivision sans confondre les actifs ?
Commencez par définir l’objet de l’opération : les murs, vos droits immobiliers, le fonds ou les titres de l’entreprise. La cession de l’un n’équivaut pas à la cession des autres. L’article 815 pose le droit de demander le partage sous les réserves applicables.
Source : Code civil, article 815.
| Projet | Ce qui change | Vérification prioritaire |
|---|---|---|
| Rachat de vos droits par un autre indivisaire | La répartition de la propriété immobilière. | Valeur, comptes, financement et acte requis. |
| Cession de vos droits à une personne extérieure | L’identité d’un titulaire de droits indivis. | Préemption de l’article 815-14 et formalités de cession. |
| Vente de tous les murs | Le propriétaire de l’immeuble. | Accords, bail, sûretés et éventuels droits du locataire. |
| Apport de l’immeuble à une SCI | La société devient propriétaire après le transfert. | Consentements, acte, fiscalité et pouvoirs de gestion futurs. |
La cession à titre onéreux de droits indivis à un tiers impose d’examiner la préemption de l’article 815-14. Le droit de préemption des indivisaires diffère des droits éventuels d’un locataire lors de la vente des murs.
Source : Code civil, article 815-14.
Pour les locaux commerciaux ou artisanaux, l’article L145-46-1 organise un droit du locataire dans son champ d’application, avec exclusions et exceptions. Sa version issue de mai 2026 précise notamment les usages concernés et exclut les locaux à usage exclusif de bureau et les entrepôts dans les définitions prévues. Faites vérifier l’opération exacte ; ce droit ne doit pas être automatiquement transposé à une simple cession de quote-part.
Source : article L145-46-1 du Code de commerce, version du 28 mai 2026. Le bail doit être examiné même lorsque les propriétaires sont tous favorables à la vente. Vendre les murs ne signifie pas nécessairement disposer d’un local libre.
Le guide cession des droits indivis présente les étapes. Si le projet est une SCI, voyez les démarches de transfert d’un bien indivis à une SCI. La création d’une société ne transfère pas à elle seule l’immeuble.
Quels recours et quels documents préparer en cas de blocage ?
Le recours dépend de la décision bloquée et du résultat recherché. Un désaccord sur le bail, une urgence concernant le bâtiment et un refus du partage ne se règlent pas par une procédure unique.
L’article 815-5 permet une autorisation judiciaire lorsqu’un refus met en péril l’intérêt commun, dans les conditions prévues. L’article 815-6 concerne les mesures urgentes requises par cet intérêt ; depuis avril 2026, il mentionne notamment la possibilité d’autoriser une vente conclue seul. L’urgence et le fondement doivent être établis.
Sources : Code civil, article 815-5, Code civil, article 815-6.
Consultez les démarches pour résoudre un conflit en indivision et les solutions de sortie de l’indivision. Faites préciser ce qui peut être organisé provisoirement pour l’exploitation pendant l’examen du projet patrimonial.
- Titres, succession, quotes-parts et éventuels démembrements.
- Convention d’indivision, décisions et procurations existantes.
- Bail, avenants, titre d’occupation et identité de l’exploitant.
- Inventaire distinguant murs, matériel, fonds et droits sociaux.
- Comptes, justificatifs, crédits, garanties et actes reçus.
- Projet précis : conserver, réorganiser, transmettre ou céder.
Le notaire prépare les actes immobiliers et successoraux ; l’avocat examine le litige et les recours ; l’expert-comptable rapproche les flux et les obligations fiscales de l’exploitation. Les compétences nécessaires dépendent de la question à traiter. Un acquéreur éventuel de droits immobiliers intervient dans la vente envisagée, sans remplacer ces missions.
Questions fréquentes sur l’indivision des biens professionnels
Une indivision professionnelle est-elle une société ?
Non. La détention commune d’un actif ne crée pas, à elle seule, une société. Des personnes peuvent posséder les murs en indivision et les louer à une entreprise distincte. Vérifiez qui est propriétaire et qui exploite avant de choisir les règles de gestion.
Deux tiers des droits suffisent-ils pour signer un bail commercial ?
Dans le régime légal, les baux d’immeubles à usage commercial, artisanal, industriel ou agricole sont exclus du pouvoir majoritaire applicable aux autres baux. Les accords, le régime du bien et le pouvoir de signer doivent être examinés ; un mandat tacite ne suffit pas.
Ma société peut-elle occuper les murs dont je possède une part ?
Votre qualité d’indivisaire ne donne pas automatiquement un titre d’occupation à votre société. Identifiez le preneur, l’usage, les autorisations et le contrat adapté. Vos droits personnels sur les murs et les droits de la société restent distincts.
Les autres indivisaires ont-ils droit au bénéfice de mon entreprise ?
Posséder une part des murs n’attribue pas automatiquement une part du bénéfice de l’exploitant. Distinguez les revenus du bien, les dépenses de l’indivision et les résultats de l’entreprise. Les droits sociaux éventuels s’analysent séparément.
Les parts sociales indivises suivent-elles la gestion d’un immeuble ?
Non. Leur représentation et les décisions sociales doivent être vérifiées au regard de l’article 1844, des statuts et de la forme de la société. Le mandat concernant ces parts n’équivaut pas à un pouvoir de vendre les actifs appartenant à la société.
Un local professionnel en indivision échappe-t-il à l’IFI ?
L’exonération n’est pas automatique. L’article 975 prévoit des conditions tenant à l’activité, à l’entreprise et à la situation du redevable. Une location professionnelle ou une convention ne suffit pas, seule, à établir que les droits immobiliers sont exonérés.
Le décès d’un exploitant impose-t-il la vente immédiate ?
Non, il faut examiner les droits transmis et les solutions applicables. Un maintien judiciaire de l’indivision ou une attribution préférentielle peut être demandé dans les situations prévues par la loi. Ces mécanismes supposent une analyse des conditions et ne sont pas automatiques.
Peut-on vendre ses droits sur les murs sans vendre l’entreprise ?
L’opération peut porter sur les seuls droits immobiliers, distincts du fonds et des titres. Vérifiez le titre, le prix, les comptes, le bail et les formalités, notamment la préemption lors d’une cession à un tiers. L’objet de la vente doit être explicite.
Sources officielles, auteur et champ de ce guide
Références vérifiées pour le droit français lors de cette révision du 4 octobre 2026, notamment les versions 2026 des articles 815-6, 975 et L145-46-1. Les exemples sont fictifs. Le guide distingue la propriété des actifs, l’exploitation, les contrats et les décisions ; les pages spécialisées citées approfondissent chaque sujet.
- Code civil, article 815
- Code civil, article 815-2
- Code civil, article 815-3
- Code civil, article 815-5
- Code civil, article 815-6
- Code civil, article 815-8
- Code civil, article 815-9
- Code civil, article 815-10
- Code civil, article 815-13
- Code civil, article 815-14
- Code civil, article 815-17
- Code civil, article 1873-2
- Code civil, article 1873-3
- Code civil, article 1988
- Code civil, article 1842
- Code civil, article 1844
- Code civil, article 821
- Code civil, article 822
- Code civil, article 823
- Code civil, article 831
- Service Public : contrat de bail professionnel
- Service Public : contrat de bail commercial
- Code général des impôts, article 975 : actifs professionnels exonérés
- Code de commerce, article L145-46-1 : vente au locataire commercial
- Code de la propriété intellectuelle : copropriété des brevets, L613-29 à L613-32
Christian Mahout est fondateur d’Indivision Patrimoine, société qui étudie des acquisitions immobilières. Les situations juridiques, fiscales et les contrats propres à votre dossier doivent être examinés avec les professionnels compétents.
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