L’indivision agricole existe lorsque plusieurs personnes détiennent des droits de même nature sur des terres, bâtiments ou autres biens agricoles, sans lots privatifs attribués. Les règles de propriété du Code civil se combinent avec celles du bail rural, de l’exploitation et des transmissions. Posséder une quote-part de terres ne rend pas automatiquement exploitant ni bénéficiaire des profits de la ferme.
Mis à jour le · Par Christian Mahout, fondateur d’Indivision Patrimoine.
- Foncier : qui possède les terres et les bâtiments ?
- Activité : qui exploite, à titre individuel ou en société ?
- Usage : bail rural, mise à disposition ou autre titre à vérifier.
- Projet : conserver, louer, transmettre, racheter ou partager.
Ce guide traite de l’organisation du patrimoine agricole détenu à plusieurs. Le dossier terrain en indivision expose les règles foncières générales ; celui sur les biens professionnels indivis distingue les murs, l’activité et les dettes.
Accès rapide : qui décide ? · bail rural · revenus et charges · succession et attribution · vente et préemption · GFA et sociétés.
Que possède-t-on dans une indivision agricole ?
Une quote-part porte sur le bien indivis entier, pas sur une parcelle privée choisie par son titulaire. Détenir un tiers d’un ensemble de terres ne donne pas automatiquement le droit de clôturer un tiers de sa surface ou de louer seul une parcelle déterminée.
L’indivision peut porter sur le foncier, les bâtiments, certains équipements ou un ensemble de biens successoraux. L’inventaire doit préciser ce qui appartient aux propriétaires, à l’exploitant ou à une société. Les actifs de la société ne deviennent pas des biens indivis entre associés par le seul fait qu’ils détiennent ses parts.
Exemple de situation : trois héritiers peuvent posséder les terres alors qu’un seul les cultive, dans le cadre d’un titre adapté. Ils peuvent aussi louer le foncier à une société agricole distincte. Le propriétaire du terrain et le détenteur du résultat de l’exploitation ne sont alors pas forcément les mêmes personnes.
Vérifiez titres, fractions, origine des biens, bail et éventuel usufruit. Usufruit et nue-propriété sont des droits différents ; une indivision peut exister entre plusieurs titulaires d’un même droit. Le guide indivision, usufruit et nue-propriété aide à préparer cette lecture.
Un regroupement des cultures ou une exploitation individuelle ne modifie pas à lui seul la propriété des terres. Pour les fractions issues des actes, utilisez le calcul des quotes-parts sans confondre surface exploitée et fraction de propriété.
Qui peut décider pour les terres et bâtiments indivis ?
La règle dépend de l’acte envisagé, pas du nombre d’agriculteurs présents. Dans le régime légal, il faut distinguer conservation, administration, bail rural et disposition. Les pouvoirs d’un gérant ou d’un mandataire doivent être vérifiés dans les actes applicables.
| Acte envisagé | Règle à examiner | Limite utile |
|---|---|---|
| Mesure nécessaire à la conservation du bien | Un indivisaire peut prendre les mesures nécessaires, même sans urgence, selon l’article 815-2. | Un projet d’agrandissement ou un investissement d’exploitation ne se qualifie pas automatiquement ainsi. |
| Administration ou mandat général d’administration | Au moins deux tiers des droits peuvent décider dans le cadre de l’article 815-3, avec information des autres. | Compter les fractions des titres, pas seulement les personnes ; respecter le périmètre de l’acte. |
| Conclusion ou renouvellement d’un bail rural | Le bail rural est exclu des baux que l’article 815-3 permet de décider aux deux tiers ; consentements à vérifier. | Service Public précise le consentement de tous les indivisaires pour conclure le bail ; le renouvellement et ses effets obéissent aussi au statut rural. |
| Vente du bien entier ou autre disposition | Accord de tous en principe, sauf voie légale ou autorisation adaptée. | Deux tiers ne permettent pas de signer seuls toute vente ou de grever les droits des autres. |
Les décisions concernant les cultures, les achats et les salariés peuvent relever de l’exploitant ou de sa société selon leurs droits et contrats. Les propriétaires du foncier n’ont pas automatiquement à diriger chaque opération de l’entreprise locataire.
Sources : Code civil, article 815-2, Code civil, article 815-3.
Le guide majorité des deux tiers des droits explique le calcul. Pour les pouvoirs d’une personne désignée, consultez le rôle du mandataire en indivision. Une convention ou un mandat ne transforme pas une simple gestion en droit de disposer de tous les biens.
Peut-on louer les terres avec un bail rural ?
Oui, si le projet respecte les consentements et le statut applicable. Le bail à ferme suppose d’examiner la mise à disposition agricole et ses conditions. Le nom donné au contrat ne suffit pas à exclure le statut du fermage ; il existe aussi des exceptions et contrats particuliers à vérifier.
Source : Service Public Entreprendre : statut du fermage.
Pour conclure un bail lorsque le bien est indivis, Service Public indique le consentement de tous les indivisaires. Dans le cas d’un usufruit, les consentements nécessaires doivent également être examinés. Une signature isolée ne doit pas être présentée comme un bail sécurisant tous les propriétaires.
Le bail rural soumis au statut du fermage est en principe conclu pour au moins neuf ans. Ce repère ne fixe pas la durée de l’indivision : les terres peuvent rester détenues à plusieurs après cette période. La durée du bail, son renouvellement et un éventuel bail à long terme doivent être distingués.
Source : Service Public Entreprendre : conclusion d’un bail à ferme.
Le fermage n’est pas un prix libre choisi par la seule majorité familiale. Il s’inscrit dans un encadrement, notamment par arrêté préfectoral. Vérifiez les références et échéances applicables au département et au contrat, plutôt que d’utiliser un montant national par hectare.
Source : Service Public Entreprendre : droits et obligations du bail rural.
Conservez bail, avenants, état des lieux, références parcellaires, justificatifs de paiement et échanges sur les travaux. Le dossier location d’un bien indivis expose la gestion commune ; les règles spéciales rurales restent à appliquer.
Une vente ou un partage ne suffit pas à faire disparaître un bail. Avant d’annoncer une terre « libre » ou disponible pour un autre exploitant, faites vérifier les droits en cours et les conditions de leur évolution avec un professionnel du droit rural.
Un héritier peut-il exploiter seul les terres familiales ?
Il peut préparer ce projet, mais sa qualité d’héritier ne lui attribue pas automatiquement les droits d’usage de tous ni une autorisation d’exploiter. Le dossier doit distinguer les droits immobiliers, le titre d’occupation et les obligations liées à l’activité.
Un usage personnel d’un bien indivis doit respecter sa destination et les droits des autres. L’article 815-9 traite aussi de l’indemnité liée à une jouissance privative, sauf convention contraire. La qualification de l’usage, l’existence d’un bail et les comptes doivent être examinés : ne cumulez pas mécaniquement fermage et indemnité pour la même occupation.
Source : Code civil, article 815-9.
Le contrôle des structures agricoles peut imposer une autorisation ou un autre examen administratif selon l’opération et la situation. Il est distinct de l’accord du propriétaire et du bail. Le ministère présente la démarche d’autorisation via Logics ; la DDT ou DDTM peut orienter l’examen du dossier.
Source : Ministère de l’Agriculture : contrôle des structures et autorisation d’exploiter.
Décrivez les parcelles, surfaces, activité, titulaire de l’exploitation et changement envisagé. L’achat d’une terre ne donne pas, à lui seul, toutes les autorisations nécessaires pour l’exploiter. Inversement, un accord administratif ne remplace pas le titre permettant de l’utiliser.
Pour un usage durable, précisez l’entretien, les bâtiments, les travaux autorisés et la remise des pièces aux propriétaires. La convention de propriété et le contrat qui organise l’exploitation répondent à des besoins différents.
Comment répartir les revenus, les dépenses et les dettes ?
Séparez les comptes du foncier et ceux de l’exploitation. Si les terres sont louées, les propriétaires perçoivent le fermage selon leurs droits et les règles applicables. Ils ne reçoivent pas automatiquement le chiffre d’affaires ou les profits de l’entreprise locataire.
L’article 815-10 prévoit le droit aux bénéfices et la charge des pertes proportionnellement aux droits dans l’indivision. Il faut identifier les revenus et dépenses qui appartiennent réellement à celle-ci. Une dette de l’exploitation individuelle ou d’une société n’est pas automatiquement une dépense de tous les propriétaires fonciers.
Source : Code civil, article 815-10.
La personne qui perçoit des revenus ou expose des dépenses pour l’indivision doit en tenir un état accessible aux autres. Distinguez encaissements, provisions, factures payées, avances personnelles et sommes à répartir. Le solde du compte bancaire ne représente pas nécessairement une somme distribuable.
Source : Code civil, article 815-8.
L’indivision ne crée pas une solidarité générale pour toutes les dettes agricoles. L’article 1310 rappelle que la solidarité ne se présume pas. Identifiez le débiteur, le contrat et les garanties : emprunt, caution ou hypothèque peuvent exposer une personne au-delà d’une répartition interne des charges.
Source : Code civil, article 1310.
Le guide travaux et comptes entre indivisaires détaille les dépenses à examiner. Pour une garantie immobilière, consultez hypothèque de droits indivis : consentement et risques. Payer davantage ne modifie pas automatiquement les fractions des titres.
Trois exemples pour comprendre les comptes agricoles
Les trois situations sont fictives. Les valeurs ne sont ni des prix de marché ni des tarifs agricoles. Les exemples supposent des droits confirmés et omettent fiscalité, frais, dettes et créances sauf indication contraire.
Terres louées : le fermage est distinct du résultat de la ferme
Trois propriétaires détiennent chacun un tiers. Des terres produisent un fermage hypothétique de 9 000 € par an. Si 3 000 € de dépenses de l’indivision ont été justifiées et admises dans le décompte simplifié, le solde retenu est de 6 000 €, soit 2 000 € par propriétaire. Cela ne donne à personne un tiers des profits du locataire.
Rachat : partir sans vendre toutes les parcelles
Un ensemble est évalué à 180 000 €, avec trois titulaires d’un tiers chacun, sans dette ni compte. La valeur proportionnelle de chaque droit est de 60 000 €. Celui qui acquiert les deux autres tiers doit préparer un paiement de référence de 120 000 €, avant frais et qualification de l’acte. Le bail et les formalités de cession restent à vérifier.
Partage : attribuer les terres et équilibrer les lots
Deux héritiers possèdent chacun la moitié d’un ensemble de terres valorisé à 400 000 € et de 200 000 € de fonds disponibles, soit 600 000 € au total. Leurs droits valent chacun 300 000 €. Si A reçoit les terres et B les fonds, une soulte de 100 000 € versée par A à B équilibre les deux lots. Le projet doit être financé et réalisable ; l’attachement familial ne dispense pas de régler cette soulte.
Pour préparer les données, consultez le calcul du partage et le calcul de la soulte. Une surface identique ne garantit pas une valeur identique entre deux lots ruraux.
Une convention d’indivision suffit-elle à organiser l’exploitation ?
La convention organise la propriété commune ; elle ne remplace pas le bail, les statuts d’une société ou les autorisations d’exploitation. Elle peut préciser les biens, les droits, les pouvoirs de gestion, l’information et les comptes.
L’article 1873-2 exige l’accord de tous et un écrit désignant les biens et les quotes-parts. Les biens immobiliers appellent les formalités de publicité foncière applicables. Le notaire coordonne ces règles avec les titres et les contrats ruraux.
Source : Code civil, article 1873-2.
Une convention à durée déterminée ne peut dépasser cinq ans par période, avec renouvellement dans les conditions prévues. Avant son terme, le partage suppose de justes motifs. À durée indéterminée, il peut être demandé sans mauvaise foi ni action à contretemps.
Source : Code civil, article 1873-3.
Organisez les relations entre bailleurs et exploitant : interlocuteur, versements, justificatifs, décisions de travaux, lecture des baux et préparation d’une cession. Ne prévoyez pas qu’une clause familiale permettra d’ignorer les droits du fermier ou du créancier.
Le guide rédiger une convention d’indivision approfondit ces clauses. Celui sur la durée d’une indivision distingue maintien de propriété, durée contractuelle et demande de partage.
Comment préserver l’exploitation lors d’une succession ?
Le partage successoral peut être préparé pour conserver une unité d’exploitation. Il faut inventorier terres, bâtiments, équipements, baux, dettes, éventuels droits sociaux et droits des héritiers. La transmission du foncier et la poursuite de l’activité ne doivent pas être confondues.
L’article 831 permet au conjoint survivant ou à un héritier copropriétaire de demander l’attribution préférentielle d’une entreprise ou partie d’entreprise agricole à laquelle il participe ou a participé effectivement, avec soulte s’il y a lieu. Pour l’héritier, la condition de participation peut aussi être remplie par son conjoint ou ses descendants.
Source : Code civil, article 831.
L’attribution n’est pas un droit de recevoir gratuitement toutes les terres. L’éligibilité, les demandes concurrentes, les valeurs et le règlement doivent être examinés. Des mécanismes spéciaux concernent aussi certaines exploitations agricoles, sous leurs conditions propres.
L’article 832-2 prévoit notamment, dans le cadre qu’il définit, un partage assorti de baux à long terme sur les terres attribuées aux autres copartageants pour permettre la poursuite de l’exploitation. Cela peut distinguer les futurs propriétaires du futur exploitant. Cette voie concerne une unité économique non exploitée sous forme sociale et demande l’examen des conditions du texte.
Source : Code civil, article 832-2.
Le notaire et, en cas de désaccord, l’avocat examinent les options. Le dossier indivision successorale complète la lecture des droits ; celui sur sortir sans vendre le bien entier compare les montages de conservation.
Peut-on vendre sa part ou partager les terres agricoles ?
Céder ses droits est distinct de vendre toutes les terres. Un rachat par un ou plusieurs propriétaires peut permettre le départ d’une personne, tandis qu’une indivision subsiste entre les autres. L’acte doit préciser l’objet cédé et les droits finaux.
La vente à un tiers de droits indivis à titre onéreux peut déclencher la préemption des autres indivisaires prévue par l’article 815-14 du Code civil. Ce fondement n’est pas un prétendu article agricole particulier donnant automatiquement priorité dans toute vente.
Source : Code civil, article 815-14.
Si le bien est loué, le droit de préemption du preneur rural relève d’un autre régime, notamment l’article L. 412-1. Les conditions et exceptions dépendent de l’acte et des personnes. Le droit de préemption SAFER doit aussi être examiné selon les biens et l’opération, dans le cadre de l’article L. 143-1 et des textes associés.
Sources : Code rural, article L. 412-1 : préemption du preneur, Code rural, article L. 143-1 : préemption SAFER.
Il n’existe pas une priorité universelle permettant de confondre indivisaire, fermier et SAFER. Le notaire vérifie les notifications, exceptions et délais correspondant à la mutation. Un projet intrafamilial ou une cession de parts de société exige sa propre analyse ; il ne faut pas l’assimiler automatiquement à une vente de parcelle libre.
Le guide de préemption entre indivisaires détaille le mécanisme civil. Pour une cession personnelle, consultez vendre sa quote-part indivise.
Un partage en nature suppose des lots juridiquement et économiquement utilisables, avec accès, servitudes et droits en cours. Une division cadastrale ne suffit pas à donner la propriété privative d’un lot. Le guide division d’un terrain indivis présente les vérifications ; les contraintes de l’exploitation restent à intégrer.
Le partage immobilier amiable appelle un acte notarié dans les conditions de l’article 835. Le principe de l’article 815 permet de demander le partage, sous réserve des conventions et décisions applicables. Ce droit ne garantit ni une vente immédiate ni le prix souhaité.
Sources : Code civil, article 835, Code civil, article 815.
En cas de blocage, le dossier partage judiciaire décrit le parcours. L’attribution et la possibilité de préserver l’exploitation doivent être examinées avant d’assimiler toute procédure à une vente aux enchères.
GFA, EARL, GAEC ou SCEA : quelle différence avec l’indivision ?
Une structure foncière et une société d’exploitation répondent à des objectifs différents. Le choix doit préciser qui possède les terres, qui exerce l’activité et quels droits sont réellement transférés. Constituer une société ne change pas à lui seul les titres du foncier.
| Organisation | Fonction à examiner | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Indivision | Droits détenus directement à plusieurs sur les biens. | Règles de décision, comptes et possibilité de demander le partage. |
| GFA | Création ou conservation d’exploitations ; gestion des biens agricoles détenus, notamment par location. | Apport, statuts, baux, financement et cession des parts ; pas de liquidités automatiques pour un apporteur. |
| EARL, GAEC ou SCEA | Organisation d’une activité agricole selon les règles de la forme choisie. | Conditions de constitution, gestion, associés et responsabilités propres ; le foncier peut rester détenu ailleurs. |
| Exploitation individuelle avec foncier loué | Activité exercée par une personne utilisant les terres selon un titre. | L’exploitant n’acquiert pas automatiquement les droits des bailleurs indivisaires. |
L’article L. 322-6 définit l’objet du GFA. Un projet de GFA doit être étudié selon les biens apportés et les statuts ; la réception de parts ne signifie pas qu’un associé dispose immédiatement du prix correspondant à sa participation.
Source : Code rural, article L. 322-6 : objet du GFA.
Le ministère de l’Agriculture présente les principales structures, notamment les formes d’exploitation. Leur responsabilité et leurs conditions ne doivent pas être résumées par une protection uniforme du patrimoine de tous les associés.
Source : Ministère de l’Agriculture : structures et statuts agricoles.
Le guide transformer une indivision agricole en GFA approfondit le projet foncier. La comparaison indivision et société civile présente des différences générales ; elle ne remplace pas l’examen d’un montage agricole.
Quels avantages fiscaux vérifier pour une transmission agricole ?
L’indivision agricole ne crée pas, à elle seule, une exonération. Un bien rural donné à bail à long terme ou certaines parts de GFA peuvent relever d’un régime particulier de transmission. Il faut vérifier les biens, le contrat, la date, les bénéficiaires et les engagements de conservation.
Le BOFiP décrit le régime des biens ruraux loués à long terme. L’article 793 bis du CGI fixe notamment des conditions de conservation et des limites de valeur pour les exonérations qu’il vise. Il ne s’agit pas d’une remise universelle sur le prix des terres ou de tous les frais successoraux.
Sources : BOFiP : transmission d’un bien rural donné à bail à long terme, CGI, article 793 bis : conditions de conservation et limites de l’exonération.
Repères à qualifier dans le dossier : l’article 793 bis prévoit une conservation de cinq ans ; une durée supplémentaire de treize ans permet, dans le cadre prévu, une limite plus élevée. Le texte mentionne 600 000 € et 20 000 000 €, avec réduction de l’exonération à 50 % au-delà de la limite applicable. Les donations antérieures et la date du bail peuvent aussi intervenir.
Ces plafonds ne sont pas des sommes reçues sans aucun impôt pour chaque propriétaire. L’entrée dans le régime, les conditions de la transmission et les dispositions d’application, précisées aussi par la loi de finances de février 2026, doivent être confirmées avant tout calcul. Le non-respect des engagements peut entraîner un rappel de droits et des intérêts.
Une transmission d’entreprise et une donation de terres louées ne doivent pas être traitées comme une seule opération fiscale. Une exonération successorale ne signifie pas non plus une exonération identique à l’IFI. Le guide biens ruraux : questions juridiques et fiscales complète l’examen du patrimoine.
Demandez un décompte notarial et une analyse fiscale avant de choisir la structure. Les frais de partage, de cession ou de sortie sont à comparer séparément d’un régime de donation ou de succession.
Comment préparer un dossier agricole et éviter les blocages ?
Un dossier partagé doit relier les titres, les usages et les comptes. Le premier désaccord porte parfois sur ce que chacun croit posséder, alors que les documents décrivent un autre périmètre.
| Sujet | Documents ou informations | Question à résoudre |
|---|---|---|
| Propriété | Titres, origine successorale, fractions, usufruit, servitudes, plans. | Qui détient les droits sur chaque bien ? |
| Usage agricole | Baux, avenants, états des lieux, mises à disposition, identité de l’exploitant. | Qui peut utiliser les terres et jusqu’à quelles conditions ? |
| Activité et société | Statuts, droits sociaux, inventaires d’actifs, autorisations à examiner. | Les biens appartiennent-ils aux personnes ou à la société ? |
| Comptes et financement | Fermages, dépenses, avances, emprunts, garanties et évaluations. | Quelles sommes seront versées, reçues ou reprises ? |
| Transmission ou sortie | Projet de lots, offres, consentements, règles de préemption et calendrier. | Quelle opération permet d’atteindre l’objectif avec les actes requis ? |
Identifiez le professionnel adapté : notaire pour les titres et actes, avocat en droit rural pour les contestations et contrats, expert-comptable pour les comptes et activité, interlocuteur administratif pour l’autorisation d’exploiter. Le recours à ces personnes ne remplace pas les consentements et conditions légales.
Les démarches notariales aident à organiser les pièces. Pour un désaccord, le guide résolution des conflits en indivision prépare une demande précise et documentée, sans garantir un accord ni un délai de procédure.
Comparez maintien organisé, rachat, attribution, partage et société selon l’usage actuel du foncier. Aucun montage ne garantit à lui seul des aides publiques, une hausse de valeur, l’absence de dette ou la conservation de toute l’exploitation.
Questions fréquentes sur l’indivision agricole
Qu’est-ce qu’une indivision agricole ?
C’est la détention à plusieurs de droits de même nature sur des biens agricoles, sans lots privatifs attribués. Elle peut concerner terres, bâtiments ou certains équipements. La propriété du foncier doit être distinguée de l’activité et des biens appartenant à une société.
Deux tiers des droits suffisent-ils pour conclure un bail rural ?
Pas comme règle générale. Le bail rural est exclu des baux visés par la majorité des deux tiers à l’article 815-3. Service Public prévoit le consentement de tous pour sa conclusion. Les pouvoirs, le statut applicable et les éventuelles voies particulières doivent être examinés.
Un héritier peut-il cultiver seul toutes les terres ?
Sa quote-part ne lui donne pas automatiquement un droit exclusif d’usage sur tous les biens. Vérifiez les accords, le bail ou titre d’utilisation et les règles du contrôle des structures. Propriété, occupation et autorisation d’exploiter sont trois sujets différents.
Les propriétaires partagent-ils les bénéfices du fermier ?
Pas du seul fait de posséder les terres. Si le bien est loué, le fermage relève des comptes des propriétaires, tandis que le résultat de l’activité appartient à son titulaire selon son régime. Il faut distinguer revenus fonciers, activité, société et créances éventuelles.
Tous les indivisaires sont-ils solidaires des dettes agricoles ?
Non, l’indivision ne crée pas une solidarité générale. Identifiez le débiteur, les contrats et les garanties réellement signés. Une clause ou règle applicable peut créer un engagement ; une répartition interne des charges ne limite pas automatiquement les droits du créancier.
Peut-on sortir tout en préservant l’exploitation ?
Des solutions peuvent être étudiées : rachat, attribution avec soulte, partage adapté ou organisation du foncier avec baux. Les articles 831 et 832-2 prévoient des mécanismes successoraux sous conditions. La conservation exige des actes, valeurs et financements réalisables.
Créer un GFA fait-il recevoir immédiatement le prix de sa part ?
Non. Un apport peut remettre des parts sociales, sans liquidités automatiques. Il faut examiner les statuts, les biens réellement transférés, les baux et les modalités de cession ou retrait. Le GFA et la société d’exploitation ne remplissent pas nécessairement la même fonction.
La vente de terres indivises est-elle toujours libre de préemption ?
Non. Selon l’acte, les droits des indivisaires, du preneur rural et de la SAFER doivent être examinés avec leurs conditions et exceptions. La vente du bien entier, la cession d’une quote-part et celle de parts de société ne sont pas des opérations identiques.
Sources officielles et auteur
Références consultées lors de cette révision du 4 octobre 2026. Les règles spéciales rurales, les actes, les droits des personnes et la date de l’opération doivent être rapprochés du dossier. Les exemples sont fictifs ; ils ne donnent ni prix foncier, ni devis, ni validation d’un avantage fiscal.
- Code civil, article 815
- Code civil, article 815-2
- Code civil, article 815-3
- Code civil, article 815-8
- Code civil, article 815-9
- Code civil, article 815-10
- Code civil, article 815-14
- Code civil, article 1873-2
- Code civil, article 1873-3
- Code civil, article 1310
- Code civil, article 831
- Code civil, article 832-2
- Code civil, article 835
- Code rural, article L. 412-1 : préemption du preneur
- Code rural, article L. 143-1 : préemption SAFER
- Code rural, article L. 322-6 : objet du GFA
- Service Public Entreprendre : conclusion d’un bail à ferme
- Service Public Entreprendre : statut du fermage
- Service Public Entreprendre : droits et obligations du bail rural
- Ministère de l’Agriculture : structures et statuts agricoles
- Ministère de l’Agriculture : contrôle des structures et autorisation d’exploiter
- BOFiP : transmission d’un bien rural donné à bail à long terme
- CGI, article 793 bis : conditions de conservation et limites de l’exonération
Christian Mahout est le fondateur d’Indivision Patrimoine, société d’acquisition immobilière. Le notaire qualifie les actes ; l’avocat en droit rural examine les baux et litiges ; les professionnels agricoles et comptables traitent leurs missions propres. Notre société intervient comme acquéreur potentiel de droits immobiliers proposés à la vente, selon le bien et le dossier.
Vous envisagez de céder des droits immobiliers indivis ?
Indivision Patrimoine étudie l’acquisition de biens et de parts indivises à Paris et en Île-de-France. Notre service de rachat de parts indivises examine les droits proposés, le bien, l’occupation et les formalités, selon le dossier.
Pour des terres agricoles, faites d’abord vérifier les baux, l’exploitation et les règles de transmission ou de préemption avec le notaire et les professionnels du droit rural. Le formulaire ci-dessous concerne un éventuel projet de cession à notre société ; une acquisition n’est pas garantie et ne remplace pas cette analyse.






