Sortir de l’indivision sans vendre le bien entier est possible si vos droits peuvent être repris ou attribués autrement : rachat par les autres propriétaires, partage avec attribution ou division en lots. Une donation peut aussi transmettre vos droits, sans vous procurer de prix. La faisabilité dépend des accords, des valeurs, des actes et du financement.
Mis à jour le · Par Christian Mahout, fondateur d’Indivision Patrimoine.
- Quitter personnellement l’indivision : ne plus détenir les droits concernés ; les autres peuvent rester indivisaires.
- Mettre fin à toute l’indivision : répartir les biens ou réunir les droits entre les mains d’un seul propriétaire.
- Conserver l’immeuble : éviter sa vente entière à un acquéreur extérieur ; cela ne signifie pas qu’aucun droit ne sera vendu.
- Organiser le maintien : une convention ou une location ne réalise pas, à elle seule, une sortie.
Ce guide compare les moyens de conserver la maison ou l’immeuble. Le guide général de sortie d’indivision couvre aussi la vente du bien. Commencez ici si votre priorité est de garder le patrimoine dans la famille ou de recevoir un lot plutôt qu’un prix de vente.
Accès rapide : comparer les solutions · attribution et soulte · division en lots · SCI et limites · préparer le dossier · questions fréquentes.
Quelles solutions permettent de conserver le bien ?
La bonne solution dépend de la personne qui souhaite partir et de celle qui peut reprendre ses droits. Un projet de conservation doit préciser le futur propriétaire, le montant à régler et l’origine des fonds. Le souhait commun de garder la maison ne remplace pas ces trois réponses.
| Solution | Effet sur la propriété | Liquidités et limite principale |
|---|---|---|
| Rachat de vos droits par un ou plusieurs indivisaires | Vous quittez les droits cédés ; une indivision peut subsister entre les acquéreurs. | Un prix est convenu ; financement et acte restent nécessaires. |
| Partage avec attribution du bien | Le bénéficiaire reçoit le bien ; les autres reçoivent des lots ou une soulte. | Des biens ou fonds compensent les droits ; une soulte doit pouvoir être réglée. |
| Partage en nature avec division juridiquement possible | Chacun reçoit un lot privatif ; certaines parties peuvent demeurer communes. | Une soulte peut équilibrer les valeurs ; travaux, actes et autorisations sont à vérifier. |
| Donation de tous vos droits concernés | Vos droits sont transmis aux bénéficiaires ; ils peuvent rester en indivision. | Aucun prix de vente pour vous ; acte notarié, fiscalité et effets successoraux à examiner. |
| Apport du bien entier à une SCI | La société devient propriétaire ; les apporteurs reçoivent des parts sociales. | L’apport ne verse pas automatiquement de liquidités et ne vous fait pas nécessairement quitter la société. |
| Convention, location ou mandat de gestion | Les propriétaires conservent leurs droits indivis. | Gestion organisée ; ce n’est pas une sortie de propriété. |
Une vente de quote-part à un tiers peut vous faire partir sans vendre tout l’immeuble. Elle introduit toutefois un nouvel indivisaire : ce n’est pas la même chose que conserver le bien exclusivement dans la famille. Le dossier vendre sa part indivise détaille cette option et ses formalités.
Identifiez aussi les droits détenus. Plusieurs nus-propriétaires peuvent être indivisaires entre eux, alors qu’un usufruitier et un nu-propriétaire détiennent des droits de nature différente. Leur réunion ne se résume pas à un partage entre deux propriétaires de pleine propriété.
Pour ce cas particulier, consultez les solutions de sortie en présence d’un usufruit. Ne promettez pas la conservation de l’usage du logement avant d’avoir lu les actes.
Le rachat par les autres propriétaires vous permet-il de partir ?
Oui, si vous transmettez tous les droits que vous souhaitez quitter à un acquéreur qui peut payer et signer. Il peut s’agir d’un seul indivisaire ou de plusieurs. Si vous ne cédez qu’une fraction, vous restez propriétaire de la fraction conservée.
Avec trois propriétaires détenant chacun un tiers, le départ de l’un au profit des deux autres laisse une indivision entre les deux acquéreurs. Si une seule personne réunit tous les droits de pleine propriété, l’indivision portant sur cette propriété prend fin. Vérifiez les fractions finales dans l’acte plutôt que de compter les participants au rendez-vous.
Le prix suppose une valeur documentée, puis l’examen des droits et des comptes. Des travaux ou échéances payés personnellement ne modifient pas automatiquement les proportions de propriété. Des créances éventuelles doivent être justifiées et traitées séparément.
La qualification juridique ne se déduit pas du mot « rachat ». Selon l’origine des biens et le montage, le notaire examine une cession, un partage ou une autre opération adaptée. Les conséquences fiscales et les formalités ne sont pas interchangeables.
Le guide rachat des parts d’une maison présente ce parcours. Pour conserver une maison héritée entre proches, consultez le rachat de la maison familiale aux frères et sœurs. Préparez le montant net à payer et le calendrier avant de promettre une date de départ.
Comment fonctionne le partage avec attribution et soulte ?
Le partage peut attribuer l’immeuble à un propriétaire et d’autres biens ou une soulte aux autres. Il n’est pas nécessaire que chacun reçoive un morceau matériel de chaque bien. L’égalité du partage s’apprécie en valeur ; une soulte compense l’inégalité des lots lorsqu’elle existe.
Source : Code civil, article 826 : lots, égalité en valeur et soulte.
Le périmètre du patrimoine change le besoin de financement. Une succession comprenant une maison et des liquidités peut offrir plus de possibilités qu’une indivision limitée à un logement. Il faut pouvoir employer les fonds, tenir compte des dettes et vérifier les droits dans l’ensemble partagé.
La valeur pertinente ne se réduit pas au prix d’un ancien achat. Dans le partage, l’article 829 retient les biens à la date de jouissance divise fixée par l’acte, aussi proche que possible du partage. Une estimation doit donc correspondre à l’opération préparée et au bien dans son état réel.
Source : Code civil, article 829 : évaluation au partage.
Quand tous les indivisaires sont présents et capables, ils peuvent choisir les modalités du partage amiable. Pour les biens soumis à publicité foncière, l’article 835 prévoit un acte notarié. La présence d’un mineur, d’une personne protégée ou d’un absent demande un examen des règles de représentation et d’autorisation.
Sources : Code civil, article 835 : partage amiable et acte notarié, Service Public : partage de succession.
Le dossier calcul du partage et des comptes aide à distinguer droits, lots et règlements. Le calcul de la soulte complète la préparation financière ; une formule simple ne remplace pas un état liquidatif.
Trois exemples pour garder la maison sans vendre le bien entier
Ces exemples sont fictifs, sans fiscalité, frais, indemnité d’occupation ni créance entre propriétaires. Ils illustrent la répartition des valeurs, pas un devis ou une offre d’achat. Les droits et valeurs sont supposés confirmés ; le traitement bancaire doit être accepté lorsqu’un crédit existe.
| Situation | Répartition envisagée | Montant et précaution |
|---|---|---|
| Maison de 300 000 €, deux propriétaires à 50 %, aucune dette. | Une personne conserve la maison ; l’autre transmet tous ses droits. | Valeur des droits transmis : 150 000 €. Frais et qualification de l’acte sont à traiter séparément. |
| Maison de 300 000 € et liquidités de 100 000 €, deux héritiers ayant chacun la moitié de l’ensemble ; aucune dette. | Droits de chacun : 200 000 €. A reçoit la maison ; B reçoit les liquidités et une soulte. | Soulte de 100 000 € de A vers B : chacun reçoit une valeur de 200 000 €. Les fonds doivent être disponibles dans le partage. |
| Maison de 300 000 €, dette de 100 000 € ; deux propriétaires à moitié ; dette et comptes supposés répartis à moitié. | Valeur nette de référence : 200 000 €. A conserve le bien et supporte le traitement de la dette accepté dans le montage. | Soulte de référence : 100 000 €. La dette de 100 000 €, les frais et le refinancement sont des postes distincts ; B n’est pas libéré du prêt par ce seul calcul. |
Dans le deuxième exemple, les autres actifs réduisent la soulte par rapport à un partage limité à la maison. Dans le troisième, la soulte n’est pas tout le besoin de trésorerie. Reprendre un contrat, rembourser l’ancien prêt et souscrire un nouveau crédit sont des opérations différentes.
Si deux des trois propriétaires rachètent les droits du troisième, ne présentez pas leur acquisition comme une fin de toute indivision. Le partage peut être partiel : les actes doivent préciser le périmètre définitivement réglé et les biens ou droits qui restent communs.
Peut-on diviser le bien pour recevoir chacun un lot ?
Un partage en nature peut éviter la vente du bien entier si des lots cohérents et juridiquement possibles peuvent être attribués. Il faut vérifier leur valeur, leur accès, leur usage autorisé et les actes nécessaires. La même surface n’implique pas la même valeur.
Une maison composée de logements distincts ou un terrain divisible mérite une étude technique et juridique. Un géomètre peut intervenir pour les limites, plans ou états descriptifs nécessaires. Le notaire vérifie les titres, servitudes et formalités ; les autorisations d’urbanisme doivent être examinées selon le projet.
Occuper chacun un étage, poser une clôture ou modifier le cadastre ne suffit pas à attribuer une propriété exclusive. Il faut réaliser les opérations et les actes qui donnent effet au partage. Un accord d’usage reste distinct d’un titre de propriété.
Lorsque le projet aboutit à des lots de copropriété, les parties privatives sont attribuées, mais des parties communes restent gérées collectivement. Vous ne devenez pas propriétaire indépendant de toute obligation commune. Une soulte peut aussi être nécessaire si les valeurs des lots ne correspondent pas aux droits.
Le guide division d’un terrain indivis présente les vérifications. Pour un immeuble bâti, comparez indivision et copropriété. Ne prévoyez pas un financement ou des travaux sur la seule base d’une répartition verbale des pièces.
Sources : Code civil, article 826 : lots, égalité en valeur et soulte, Code civil, article 835 : partage amiable et acte notarié.
Avant de choisir cette voie, demandez si les travaux et frais de division sont compatibles avec la valeur des lots et les moyens des participants. Une division techniquement envisageable peut rester inadaptée si elle rend un lot difficile à utiliser ou impose des charges que personne ne peut payer.
L’attribution préférentielle peut-elle protéger la conservation du logement ?
Dans une succession, certains bénéficiaires peuvent demander une attribution préférentielle sous conditions. L’article 831-2 vise notamment le conjoint survivant ou un héritier copropriétaire du logement qui lui servait effectivement de résidence au décès. L’attribution ne concerne pas automatiquement tout membre de la famille attaché à la maison.
Source : Code civil, article 831-2 : attribution préférentielle du logement.
Pour le conjoint survivant, l’attribution du logement et des éléments visés au 1° de l’article 831-2 est de droit dans le cadre de l’article 831-3. Cela ne signifie pas que le logement est reçu gratuitement, sans examen des droits ou sans soulte éventuelle.
Source : Code civil, article 831-3 : conjoint survivant.
Un héritier souhaitant conserver une résidence secondaire familiale ne doit pas s’attribuer ce droit par simple préférence personnelle. Les conditions, les demandes concurrentes et le financement doivent être examinés avec le notaire et, en cas de contestation, avec un avocat.
Les droits d’habitation, l’usufruit et les droits de propriété ne se confondent pas. Consultez la protection du conjoint dans une succession indivise pour préparer ce cas. Les règles du partage successoral ne s’appliquent pas indistinctement à toutes les séparations de couples.
Pour préserver une unité agricole, consultez indivision agricole : bail, succession et attribution. La propriété des terres et la poursuite de l’exploitation sont distinctes ; les mécanismes successoraux et les droits du fermier doivent être examinés avant de prévoir les lots.
Peut-on payer le sortant pour rester en indivision entre les autres ?
Oui, cette possibilité doit être étudiée avant de supposer qu’un départ oblige à vendre l’immeuble. Un accord amiable de reprise des droits est une première voie. En cas de demande de partage, l’article 824 prévoit aussi un mécanisme judiciaire, parfois appelé attribution éliminatoire.
À la demande d’un ou plusieurs indivisaires souhaitant demeurer dans l’indivision, le tribunal peut attribuer sa part à celui qui demande le partage, selon les intérêts en présence. Si l’indivision ne contient pas de somme suffisante, ceux qui ont demandé cette attribution versent le complément ; les autres peuvent participer s’ils le souhaitent.
Source : Code civil, article 824 : attribution au demandeur du partage.
Cette disposition ne vous permet pas d’obliger automatiquement vos proches à acheter vos droits au prix que vous avez fixé. Elle suppose une demande, une décision et le règlement nécessaire. Elle peut préserver l’indivision entre les autres, sans garantir le maintien du bien dans tous les dossiers.
L’avocat examine les demandes envisageables et les preuves de financement ; le notaire intervient sur les comptes et actes selon sa mission. Le guide partage judiciaire et alternatives à la vente aux enchères détaille le parcours.
Donner ses droits permet-il de sortir sans vendre ?
Une donation peut transmettre vos droits immobiliers à un bénéficiaire qui l’accepte, sans prix de vente pour vous. Une donation immobilière exige un acte notarié. Les frais, droits éventuels et effets successoraux doivent être examinés : l’absence de prix n’est pas une absence de coût.
Sources : Service Public : donation et acceptation du bénéficiaire, DGFiP : donations par acte notarié.
Transmettre toute sa quote-part de pleine propriété peut faire quitter cette propriété au donateur. Si plusieurs enfants reçoivent les mêmes droits, une indivision peut subsister ou être créée entre eux. Une donation ne résout donc pas automatiquement leurs futurs désaccords.
La réserve d’usufruit change l’objectif : vous transmettez la nue-propriété, mais conservez un autre droit sur le bien. Il ne faut pas présenter cette opération comme l’abandon de tous vos droits immobiliers. Les actes doivent préciser les pouvoirs, charges et usages.
Le notaire vérifie notamment la propriété transmise, la capacité, les droits du conjoint et les règles successorales. Une donation-partage répond à ses propres conditions ; écrire ce nom dans un courrier ne réalise pas à lui seul une répartition juridique des lots.
Les dossiers donner une part indivise à ses enfants et céder gratuitement une part indivise approfondissent les actes. Cette voie correspond à un projet de transmission ; elle ne fournit pas les liquidités attendues d’un rachat.
Une SCI fait-elle vraiment sortir de l’indivision ?
L’apport de tout l’immeuble à une SCI peut remplacer la détention immobilière directe par des parts sociales. La société devient propriétaire du bien apporté. Les associés restent liés dans une structure de gestion : recevoir des parts ne signifie pas recevoir de l’argent ou quitter toute relation patrimoniale.
Créer la société sans lui transférer le bien ne modifie pas les titres de propriété de la maison. Si seule votre quote-part est apportée, la SCI peut devenir indivisaire avec les propriétaires des droits non apportés. Le projet doit préciser ce qui est réellement transféré et qui consent aux actes.
Le départ ultérieur de la SCI demande l’examen des statuts, de l’acquéreur et des règles d’agrément. L’article 1861 prévoit un régime d’agrément avec des aménagements possibles ; les parts sociales ne sont pas toujours librement cessibles. L’article 1869 encadre le retrait selon les statuts, l’accord requis ou une décision pour justes motifs.
Sources : Code civil, article 1861 : agrément des cessions de parts sociales, Code civil, article 1869 : retrait d’un associé.
Ces règles ne garantissent pas une sortie immédiate ni un paiement disponible. Création, apport, gestion et fiscalité produisent des obligations propres. Une SCI ne supprime pas automatiquement un impôt ou les difficultés de financement.
Le guide apporter un bien indivis à une SCI détaille les démarches. La comparaison indivision ou SCI aide à décider si le projet collectif justifie cette organisation, plutôt que de la présenter comme une simple technique de sortie.
Convention, location et mandat : conserver sans quitter l’indivision
Ces outils organisent le maintien de la propriété commune. Ils peuvent servir pendant la préparation d’un rachat, mais ne transfèrent pas les droits du propriétaire qui souhaite partir. Un mandat de gestion ne transforme pas le mandataire en propriétaire.
Une convention exige l’accord de tous, un écrit désignant les biens et les quotes-parts, avec les formalités applicables aux immeubles. Elle peut préciser l’usage, les dépenses, les revenus, la gestion et les perspectives de sortie.
Source : Code civil, article 1873-2 : convention écrite et publicité foncière.
Sa durée déterminée ne peut dépasser cinq ans par période, avec renouvellement dans les conditions prévues. Pendant cette période, le partage suppose de justes motifs. À durée indéterminée, il peut être demandé sans mauvaise foi ni action à contretemps. Il n’existe pas une interdiction générale et définitive de partir.
Source : Code civil, article 1873-3 : durée d’une convention.
Une location peut produire des revenus, mais elle ne paie pas automatiquement le sortant et ne supprime pas ses droits. Un accord d’occupation ou de gestion doit traiter les responsabilités et les comptes pendant l’attente. Fixez une date de réexamen du financement sans la présenter comme un délai légal universel.
Consultez la préparation d’une convention d’indivision et la location d’un bien indivis. Une indivision durable reste différente du calendrier nécessaire pour en sortir.
Quels comptes, prêts et frais faut-il régler ?
Conserver le bien ne dispense pas de liquider les comptes et de financer l’opération. Séparez la valeur des droits, la soulte ou le prix, le traitement du crédit et les frais. Des échéances payées par une seule personne demandent une analyse ; elles ne créent pas mécaniquement une quote-part supplémentaire.
Pour les dépenses de conservation ou d’amélioration, l’article 815-13 prévoit des règles d’appréciation. Pour l’usage privatif, l’article 815-9 prévoit une indemnité sauf convention contraire. Ces postes doivent être justifiés et rapprochés du décompte ; ne les déduisez pas automatiquement du montant à payer.
Sources : Code civil, article 815-13 : dépenses de conservation et d’amélioration, Code civil, article 815-9 : usage et indemnité d’occupation.
Le prêt subsiste selon ses engagements tant que la banque n’a pas accepté une autre solution. Un accord familial ou l’acte de propriété ne suffit pas à libérer un co-emprunteur. Vérifiez remboursement, refinancement, garanties et désolidarisation avant la signature.
Source : Service Public : engagements des co-emprunteurs.
Le budget doit comprendre les actes, formalités, taxes applicables et prestations nécessaires. Le droit de partage éventuel n’est pas le coût total, et la soulte n’est pas un frais. Une donation, une division ou un apport en société demande son propre chiffrage.
Le dossier frais et budget pour sortir d’indivision compare les postes. Les démarches notariales aident à obtenir un décompte adapté. Demandez également à quelle date chaque provision ou paiement sera nécessaire.
Si la conservation exige un financement garanti sur le bien, voyez les conditions d’une hypothèque en indivision. L’accord sur un rachat ne suffit pas à définir les droits grevés ni à libérer un co-emprunteur ; la banque et le notaire examinent le montage.
Comment préparer un projet de conservation réaliste ?
Un projet signé commence par un dossier où chacun comprend ses droits, ce qu’il reçoit et ce qu’il paie. Le notaire qualifie les actes ; l’avocat traite les demandes contentieuses. Organisez les échanges autour de documents communs plutôt que d’une simple préférence pour garder la maison.
| Vérification | Pièces ou décisions | Question à résoudre |
|---|---|---|
| Droits et personnes | Titres, succession, fractions, usufruit, capacité, convention. | Qui peut transmettre et qui doit consentir ? |
| Biens et valeurs | Évaluations documentées, fonds, autres actifs, faisabilité des lots. | Quel lot ou paiement correspond aux droits de chacun ? |
| Comptes et dettes | Crédit, loyers, charges, travaux et occupation justifiés. | Quelles sommes entrent dans le règlement et qui reste engagé ? |
| Financement et actes | Accord bancaire, projet notarial, autorisations et devis. | Comment les montants seront-ils payés et les droits transférés ? |
| Calendrier et solution de repli | Étapes, échéances contractuelles, date de réexamen. | Que faire si la division ou le financement échoue ? |
- Identifier le propriétaire qui part et celui qui reprend les droits.
- Définir le périmètre : seule maison ou ensemble de biens partagé.
- Convenir de valeurs et documenter les comptes à examiner.
- Faire chiffrer les actes et obtenir les accords de financement.
- Formaliser les conditions, signer et réaliser les formalités nécessaires.
- Vérifier le décompte final, la propriété obtenue et les engagements bancaires.
La durée dépend de ces étapes ; ni un accord oral ni une estimation ne permettent de garantir une signature immédiate. Le guide délais pour sortir de l’indivision aide à organiser le parcours. Pour comparer les valeurs des droits proposés, voyez l’estimation de parts indivises.
Que faire si personne ne peut financer la conservation ?
Un droit de demander le partage n’oblige pas les autres à disposer d’un crédit. Comparez d’abord un autre partage de lots, un financement accepté ou un calendrier négocié. Un paiement différé doit être expressément convenu et sécurisé ; il ne peut pas être imposé par celui qui garde le bien.
L’article 815 permet en principe de provoquer le partage, sous réserve des conventions et décisions applicables. Une convention provisoire ne doit donc pas être présentée comme le remplacement définitif d’une sortie que personne ne finance.
Source : Code civil, article 815 : droit de demander le partage.
En cas de refus du partage amiable ou de contestations, une demande judiciaire peut être nécessaire dans le cadre de l’article 840. Cette version du texte est celle issue de la réforme d’avril 2026. L’avocat examine les demandes et les pièces propres à votre situation.
Source : Code civil, article 840 : recours au partage judiciaire, version 2026.
Le partage judiciaire n’impose pas systématiquement des enchères dès son ouverture : les possibilités d’attribution et de partage doivent être examinées. Toutefois, vous ne pouvez pas garantir que le bien sera conservé si aucun montage réalisable n’aboutit. La vente du bien ou la cession des droits peut alors devoir être comparée aux autres voies.
Le modèle de lettre pour demander une sortie peut préparer les échanges, sans remplacer une assignation. Une discussion sur les intérêts de chaque membre de la famille doit distinguer attachement au bien et capacité réelle à régler les droits du sortant.
Questions fréquentes : sortir sans vendre le bien entier
Peut-on sortir de l’indivision sans vendre la maison ?
Oui, si une reprise de vos droits, une attribution ou un partage en nature peut être réalisé. Le bien entier n’est pas forcément vendu, mais un rachat reste une transmission contre paiement. La faisabilité dépend des accords, des valeurs, des actes et du financement.
Le rachat de ma part met-il fin à toute l’indivision ?
Pas forcément. Vous pouvez quitter les droits cédés tandis que plusieurs propriétaires restent indivisaires. Si une seule personne réunit tous les droits de pleine propriété concernés, cette indivision prend fin. L’acte précise les fractions finales et le périmètre réglé.
Peut-on garder la maison sans payer de soulte ?
C’est possible si les lots attribués correspondent aux droits, notamment grâce à d’autres biens ou fonds disponibles. Ce n’est pas un droit de recevoir gratuitement les parts des autres. Les dettes, valeurs et comptes doivent être examinés avant de conclure qu’aucune soulte n’est due.
Une convention d’indivision permet-elle de sortir ?
Non, elle organise le maintien de droits communs. Elle peut préparer une reprise ultérieure et fixer la gestion, les usages ou les comptes. Pour quitter la propriété concernée, une opération de transmission ou de partage doit être réalisée séparément.
Une SCI garantit-elle de récupérer immédiatement sa part en argent ?
Non. Un apport remet normalement des parts sociales, pas automatiquement des liquidités. Une cession ou un retrait ultérieur dépend des règles applicables, des statuts, des accords et du financement. Apporter seulement une quote-part peut laisser le bien immobilier en indivision.
Peut-on obliger les autres héritiers à racheter ses droits ?
Pas automatiquement. L’article 824 permet un mécanisme judiciaire à la demande d’indivisaires souhaitant rester, selon les intérêts en présence et avec le règlement nécessaire. Il ne garantit pas un acheteur ni le prix souhaité par celui qui demande le partage.
Donner ma quote-part à mes enfants supprime-t-il leur indivision ?
Non, si plusieurs bénéficiaires reçoivent des droits sur le même bien, une indivision peut subsister entre eux. Une donation immobilière nécessite un acte notarié et une analyse fiscale et successorale. Si vous réservez un usufruit, vous conservez un droit immobilier.
Quitter la propriété me libère-t-il du crédit immobilier ?
Pas à lui seul. Les engagements du prêt restent à traiter avec la banque. Vérifiez remboursement, refinancement ou désolidarisation acceptée avant la signature. La soulte, les frais et le crédit doivent être distingués dans le budget.
Sources officielles et auteur
Références vérifiées pour le droit français lors de cette révision du 4 octobre 2026. Les trois exemples sont fictifs. Les règles successorales, la capacité des personnes, les titres et le montage doivent être examinés dans le dossier ; les valeurs ne constituent pas des offres ou des tarifs.
- Code civil, article 815 : droit de demander le partage
- Code civil, article 824 : attribution au demandeur du partage
- Code civil, article 826 : lots, égalité en valeur et soulte
- Code civil, article 829 : évaluation au partage
- Code civil, article 835 : partage amiable et acte notarié
- Code civil, article 831-2 : attribution préférentielle du logement
- Code civil, article 831-3 : conjoint survivant
- Code civil, article 840 : recours au partage judiciaire, version 2026
- Code civil, article 815-9 : usage et indemnité d’occupation
- Code civil, article 815-13 : dépenses de conservation et d’amélioration
- Code civil, article 1873-2 : convention écrite et publicité foncière
- Code civil, article 1873-3 : durée d’une convention
- Code civil, article 1861 : agrément des cessions de parts sociales
- Code civil, article 1869 : retrait d’un associé
- Service Public : partage de succession
- Service Public : engagements des co-emprunteurs
- Service Public : donation et acceptation du bénéficiaire
- DGFiP : donations par acte notarié
Christian Mahout est le fondateur d’Indivision Patrimoine, société d’acquisition immobilière. Le notaire prépare et qualifie les actes ; l’avocat examine les procédures et litiges. Notre société intervient comme acquéreur potentiel de droits proposés à la vente, selon l’étude du bien et du dossier.
Vous envisagez de céder vos droits indivis ?
Indivision Patrimoine étudie l’acquisition de parts indivises à Paris et en Île-de-France. Notre service de rachat de parts indivises peut examiner un projet de cession de vos droits, distinct de la vente de tout l’immeuble.
Cette option introduit un acquéreur dans la propriété commune ; elle ne garantit pas que le bien reste exclusivement dans la famille. Le prix et le calendrier dépendent du dossier et des formalités. Pour une attribution familiale, une division, une donation ou un apport en SCI, préparez le projet avec le notaire et les professionnels concernés.
Le formulaire ci-dessous concerne une éventuelle cession à notre société. Une offre n’est pas garantie et ne remplace ni l’acte notarial ni le traitement des comptes et du crédit.






