PACS et indivision : achat, crédit, séparation et décès

Deux personnes se tenant la main dans un champ, illustration du PACS
Sommaire

Le PACS n’impose pas de partager tous les biens par moitié. Sous le régime de séparation de biens, deux partenaires peuvent acheter un logement en indivision avec les quotes-parts prévues dans l’acte. S’ils choisissent le régime conventionnel d’indivision du PACS, les acquisitions concernées sont en principe détenues à 50/50, sous réserve des exceptions légales.

La contribution financière, la propriété et les engagements bancaires sont trois sujets différents. En cas de rupture, le logement n’est pas partagé automatiquement. Au décès, le partenaire conserve ses propres droits, mais n’hérite pas du seul fait du PACS.

Rédaction : Christian Mahout, Indivision Patrimoine, activité d’acquisition immobilière. Vérification des sources : . Présentation de l’équipe.

PACS et indivision : deux choix à distinguer

Acheter à deux en indivision n’oblige pas à choisir le régime d’indivision dans la convention de PACS. Vous pouvez rester en séparation de biens et devenir copropriétaires d’une maison, par exemple à 60 % et 40 %. Les parts doivent être établies dans l’acte d’acquisition en cohérence avec le régime applicable.

La séparation de biens est le régime légal des PACS conclus depuis le 1er janvier 2007, sauf choix contraire. Chaque partenaire conserve ses biens personnels. Le choix conventionnel d’indivision répond à une autre logique : il soumet les acquisitions entrant dans son champ à une répartition par moitié, même si les contributions sont inégales.

Séparation de biens et option d’indivision du PACS
Point à vérifierSéparation de biensOption d’indivision du PACS
Propriété du logement acheté ensembleQuotes-parts indiquées dans l’acte d’achatEn principe moitié chacun pour l’acquisition entrant dans le régime
Achat fait par un seul partenairePeut rester sa propriété personnellePeut entrer dans l’indivision conventionnelle, même acquis séparément
Financement inégalNe change pas automatiquement les parts ; créance à examinerPas de recours au titre de la seule contribution inégale pour un bien soumis à l’article 515-5-1
Fonds antérieurs, donation ou successionOrigine des fonds et propriété à documenterExceptions de l’article 515-5-2 ; mention d’emploi requise pour certains fonds
DécèsLe PACS ne crée pas de droit automatique à hériterLa moitié déjà détenue reste au survivant ; le PACS ne transmet pas l’autre moitié

Sources : Code civil, article 515-5 : biens et dettes personnels, Code civil, article 515-5-1 : option pour l’indivision par moitié et Service Public : effets du PACS et propriété du logement. Pour les mécanismes généraux de détention à plusieurs, consultez la définition et les principales situations d’indivision.

Un PACS conclu avant 2007 demande-t-il une vérification particulière ?

Oui. Ne transposez pas automatiquement le régime légal actuel à un ancien PACS. Pour un pacte conclu avant le 1er janvier 2007, vérifiez la convention initiale, ses modifications éventuelles et la date d’achat. Les règles anciennes comportaient une présomption d’indivision ; leur application dépend du dossier et des actes.

Présentez au notaire les versions successives de la convention et leurs dates d’enregistrement. Une convention modificative peut soumettre les partenaires aux règles actuelles, mais elle ne remplace pas l’analyse d’un bien acquis auparavant. La fiche Service Public : effets du PACS et propriété du logement distingue les anciens PACS non modifiés et les régimes choisis. Ce contrôle évite de lire un acte récent et un acte ancien comme s’ils relevaient du même cadre.

Comment acheter un logement avec des apports différents ?

Sous séparation de biens, les quotes-parts de propriété viennent de l’acte d’achat, pas d’un recalcul des virements après la séparation. Avant la signature, indiquez au notaire l’apport de chacun, l’origine des fonds et le financement prévu. Une répartition de propriété à 70/30 est possible si l’acte et le régime l’organisent.

Si l’acte prévoit 50/50 et que l’un paie ensuite davantage, il ne devient pas automatiquement propriétaire de 60 % ou 70 %. Une demande de remboursement peut être examinée, mais elle relève des comptes et de la qualification des paiements. Le financement du logement familial peut aussi correspondre à l’aide matérielle entre partenaires.

Les montants payés à l’achat, les échéances futures, les frais et les travaux doivent être identifiés séparément. Discutez dès le départ du résultat recherché : droits de propriété différents, partage égal assumé ou traitement d’une avance justifiée. Un tableau établi entre vous prépare le rendez-vous ; il ne remplace pas l’acte immobilier. Source : Service Public : effets du PACS et propriété du logement.

Exemple fictif : même financement, droits différents selon le régime
HypothèseSéparation de biens, acte à 60/40Option d’indivision applicable, sans exception
Prix du logement, sans emprunt250 000 €250 000 €
Sommes apportées à l’achatA : 150 000 € ; B : 100 000 €A : 150 000 € ; B : 100 000 €
Droits de propriété retenusA : 60 % ; B : 40 % selon l’acteA : 50 % ; B : 50 % selon le régime
Valeur proportionnelle au prix d’achatA : 150 000 € ; B : 100 000 €A : 125 000 € ; B : 125 000 €
Effet du versement plus élevé de ALes parts suivent l’acte ; elles ne se révisent pas par les paiementsPas de recours pour la seule contribution inégale visée par l’article 515-5-1

Cet exemple exclut les frais, les dettes, les exceptions d’emploi de fonds et les autres comptes. Il illustre la propriété à l’achat, pas une soulte ni le montant net à percevoir après vente. Pour un rachat ultérieur, consultez le rachat des parts d’une maison et le financement de la soulte.

Le guide du propriétaire indivis : quote-part et obligations complète cette distinction entre propriété et financement. Il présente les pouvoirs de décision, l’usage du logement et les comptes à documenter pendant la détention à plusieurs.

Pour convertir les fractions établies et vérifier les pourcentages, consultez calculer sa quote-part en indivision. Le calculateur ne transforme pas les paiements en droits de propriété et ne remplace pas la lecture du régime de PACS.

Quels biens restent personnels avec l’option d’indivision ?

L’option d’indivision ne transforme pas l’ensemble du patrimoine en biens détenus à 50/50. L’Code civil, article 515-5-2 : biens exclus et emploi des fonds prévoit notamment les exceptions suivantes :

  • Les sommes perçues par un partenaire qui ne sont pas utilisées pour acquérir un bien.
  • Les biens qu’il crée et leurs accessoires, ainsi que les biens à caractère personnel.
  • Les biens ou portions de biens acquis avec des fonds détenus avant l’enregistrement du choix de ce régime.
  • Les biens ou portions acquis avec des fonds reçus par donation ou succession.
  • Certaines portions acquises par licitation d’un bien déjà détenu dans une indivision successorale ou issue d’une donation.

Pour les fonds antérieurs et ceux issus d’une donation ou succession, l’emploi doit être mentionné dans l’acte d’acquisition. Sans cette mention, le texte retient une propriété par moitié et seulement une créance entre partenaires. Conservez les justificatifs et faites rédiger la clause avant la signature : l’origine de l’argent, à elle seule, ne règle pas toutes les formalités.

Payer seul le crédit donne-t-il droit à un remboursement ?

Pas automatiquement. Il faut distinguer les droits inscrits dans l’acte, l’obligation d’aide matérielle et une éventuelle créance. L’Code civil, article 515-4 : aide matérielle et solidarité prévoit une aide matérielle proportionnelle aux facultés des partenaires, sauf organisation conventionnelle différente.

Dans un arrêt du 27 janvier 2021, la Cour de cassation a validé le refus d’une créance pour des mensualités du logement indivis payées par un partenaire : les juges avaient retenu que ces paiements correspondaient à ses facultés contributives et à son aide matérielle. Cette décision ne signifie pas que tout paiement immobilier est toujours exclu des comptes.

Pour apprécier votre situation, rassemblez la convention, les preuves des versements, les revenus sur la période concernée et les autres dépenses de la vie commune. Identifiez aussi les paiements effectués après la rupture, distincts de ceux de la vie commune. Source : Cour de cassation, 1re chambre civile, 27 janvier 2021, n° 19-26.140 : crédit et aide matérielle.

L’Code civil, article 815-13 : dépenses et comptes d’indivision encadre certaines dépenses de conservation et d’amélioration du bien indivis. Les créances personnelles entre partenaires relèvent également des règles de liquidation de l’Code civil, article 515-7 : dissolution et liquidation. Le bénéficiaire, la cause et le calcul d’une créance doivent être qualifiés : additionner des factures puis les soustraire du prix ne suffit pas.

Avec l’option d’indivision, l’absence de recours prévue pour une contribution inégale à l’acquisition n’efface pas toutes les créances possibles. Il faut notamment tenir compte des exceptions légales d’emploi de fonds et distinguer une dette personnelle, une dépense sur le bien et une charge de la vie commune.

Pour documenter la demande, consultez les preuves et limites du remboursement d’un apport personnel. Les règles du PACS, l’aide matérielle et l’origine des fonds doivent être examinées séparément.

Le PACS rend-il tous les emprunts solidaires ?

Non. La solidarité légale du PACS concerne les dettes de la vie courante dans les limites de l’article 515-4. Elle ne s’applique pas aux dépenses manifestement excessives. Sans consentement des deux partenaires, les achats à tempérament et les emprunts sont exclus, sous réserve des emprunts modestes nécessaires à la vie courante et de la limite cumulée prévue par le texte.

Un prêt immobilier signé par les deux partenaires relève aussi du contrat bancaire. La propriété peut être à 60/40 alors que la banque dispose d’engagements contractuels qui ne se limitent pas à ces pourcentages. Lisez les clauses de solidarité, les garanties et les quotités d’assurance.

La rupture du PACS, le départ du logement ou la cession de sa part ne libèrent pas automatiquement un co-emprunteur. La banque doit accepter la désolidarisation ou une autre solution ; le remboursement complet du crédit constitue une voie distincte. Demandez une réponse écrite avant d’arrêter le montage de rachat. Sources : Code civil, article 515-4 : aide matérielle et solidarité et Service Public : engagements des co-emprunteurs après séparation.

Qui peut décider des travaux ou de la location ?

Les pouvoirs de gestion dépendent du régime de l’indivision et de la convention. Dans une indivision ordinaire, l’article 815-3 prévoit certaines décisions d’administration à une majorité d’au moins deux tiers des droits, avec information des autres. Il ne donne pas à celui qui paie le plus le pouvoir de décider seul.

À 50/50, aucun partenaire ne détient à lui seul deux tiers des droits. Une détention à 70/30 ne permet pas davantage de vendre seul tout l’immeuble. Distinguez conservation, administration, location et disposition avant de rechercher la règle de signature. Source : Code civil, article 815-3 : décisions dans l’indivision ordinaire.

Dans le régime conventionnel d’indivision du PACS, l’article 515-5-3 prévoit, sauf clause contraire, que chaque partenaire est gérant avec les pouvoirs renvoyés aux articles 1873-6 à 1873-8. Il faut donc vérifier ces pouvoirs spécifiques ; appliquer une règle générale de majorité à tous les actes serait insuffisant. Sources : Code civil, article 515-5-3 : gérance et convention d’indivision et Code civil, article 1873-6 : pouvoirs du gérant.

Préparez un suivi commun des dépenses, des décisions et des revenus éventuels. Pour un logement loué, consultez les règles de location d’un bien en indivision en tenant compte du régime particulier de votre PACS. Un mandat, un accord d’occupation et des comptes lisibles réduisent les malentendus sans modifier les droits de propriété.

Une convention d’indivision peut-elle compléter le PACS ?

Oui. La convention de PACS et la convention organisant un bien indivis ont des fonctions différentes. La première règle la relation patrimoniale des partenaires. La seconde peut préciser la gestion d’un logement identifié : désignation du bien, quotes-parts, administration, dépenses, occupation et durée.

Pour une convention comprenant un immeuble, les formalités de publicité foncière doivent être prévues. Le régime de l’article 515-5-3 comporte des règles particulières de publication et de durée : la convention visée est réputée conclue pour celle du PACS, avec possibilité de poursuite organisée lors de sa dissolution.

Faites examiner la cohérence entre la convention de PACS, l’acte d’achat et la convention d’indivision. Le guide établir une convention d’indivision détaille les clauses à préparer. Source : Code civil, articles 1873-1 à 1873-18 : conventions d’indivision. Une clause de gestion ne constitue pas, à elle seule, un testament ni une libération d’un engagement bancaire.

Pour organiser le logement détenu à plusieurs, consultez les règles d’une convention d’indivision. La durée, la gérance et les conditions d’usage doivent être distinguées du régime patrimonial choisi dans le PACS et des dispositions successorales.

Changer de régime de PACS modifie-t-il les biens déjà achetés ?

Une modification de PACS ne transfère pas automatiquement les droits sur un logement déjà acquis. Le choix de l’indivision de l’article 515-5-1 concerne les acquisitions à compter de l’enregistrement de la convention applicable. Les dates et les éventuelles exceptions doivent être vérifiées.

Si vous quittez ce régime, les biens déjà détenus ensemble restent à analyser selon les actes et les droits existants. Pour attribuer toute la maison à l’un ou modifier une répartition, un acte immobilier adapté et ses formalités sont nécessaires ; signer une nouvelle convention de PACS ne suffit pas.

La modification suppose l’accord des deux partenaires et son enregistrement auprès de l’autorité compétente. Son opposabilité aux tiers dépend des formalités de publicité. Sources : Service Public : modifier un PACS et Code civil, article 515-3-1 : enregistrement et publicité. Apportez le projet au notaire avant un nouvel achat pour que le régime et l’acte ne se contredisent pas.

Que devient la maison à la rupture du PACS ?

La dissolution du PACS met fin au pacte, pas automatiquement à la propriété indivise du logement. Les partenaires doivent régler leurs intérêts patrimoniaux. En l’absence d’accord, le juge peut intervenir sur les conséquences de la rupture. La déclaration de dissolution et l’acte qui règle la maison sont deux démarches distinctes.

Après séparation : comparer les projets pour le logement
ProjetPropriété et accord à préparerFinancement et occupation à vérifier
L’un conserve la maisonRachat ou attribution des droits de l’autre, acte et comptesSoulte éventuelle, banque, garanties et date de départ
Vente de tout le logementAccord et pouvoirs nécessaires pour vendre les droits concernésRemboursement du prêt, frais, comptes et répartition du solde
Maintien temporaire en indivisionConvention, décisions, durée et perspective de sortieÉchéances, charges, occupation et comptes documentés
Désaccord persistantNégociation, accompagnement ou demande de partage selon le dossierCoût de procédure, risques de vente et solution d’attente

Pour conserver le logement, préparez l’estimation, les quotes-parts, le capital restant dû et les créances justifiées avant de fixer la somme à verser. Pour vendre, un accord sur la valeur du bien ne règle pas à lui seul les comptes ni les engagements envers la banque.

Le droit de demander le partage existe sous les réserves légales et conventionnelles. Il ne permet pas d’imposer à l’autre une vente privée à votre prix. Sources : Code civil, article 515-7 : dissolution et liquidation, Service Public : dissoudre un PACS et Code civil, article 815 : droit de demander le partage. Comparez les solutions pour sortir de l’indivision et, en cas de refus, les voies permettant de demander la vente ou le partage.

L’occupation du logement après la séparation doit-elle être indemnisée ?

L’usage privatif d’un bien indivis peut donner lieu à une indemnité d’occupation, sauf accord contraire. Le départ d’un partenaire ne lui retire pas sa quote-part. Il faut préciser qui utilise le logement, si cet usage exclut l’autre et ce que les partenaires ont convenu.

Fixez par écrit les modalités d’accès, la période d’occupation, les charges et le traitement éventuel de l’indemnité. Son montant ne se confond ni avec une mensualité de crédit ni avec un loyer automatiquement égal à celui du marché. Les sommes payées pour le prêt ou le bien doivent être rapprochées des comptes selon leur qualification.

L’Code civil, article 815-9 : usage et indemnité d’occupation encadre l’usage et la jouissance du bien indivis. Le guide occupation d’une maison indivise et indemnités développe les situations. Si un accord ne peut être trouvé, les droits d’usage et les mesures provisoires demandent une analyse adaptée au litige.

Quels frais prévoir pour un partage après rupture de PACS ?

Le droit de partage n’est pas le total des frais du notaire. L’Code général des impôts, article 746 : droit de partage après rupture du PACS prévoit un taux de 1,1 % pour les partages des intérêts patrimoniaux consécutifs à une rupture de PACS. Le taux de droit commun est de 2,5 % ; la qualification et les conditions de l’opération restent à vérifier.

N’appliquez pas 1,1 % à n’importe quel prix de rachat ou de vente. L’acte retenu, son assiette et le traitement des soultes déterminent l’imposition. Ajoutez séparément les émoluments, formalités, débours et éventuels frais bancaires.

Demandez un décompte détaillé précisant les hypothèses avant de conclure. Le guide des frais de notaire en indivision aide à distinguer impôts, rémunération et financement. Il n’existe pas de budget universel calculé sur la seule quote-part de celui qui quitte le logement.

Au décès, le partenaire pacsé hérite-t-il de la maison ?

Non, le PACS ne fait pas du partenaire un héritier légal. Si chacun possède la moitié d’une maison, le survivant conserve sa moitié déjà détenue. Il ne la reçoit pas par succession. Les droits du défunt sont transmis à ses héritiers ou aux bénéficiaires de dispositions valables.

Sans testament en sa faveur, le partenaire peut donc se retrouver en indivision avec les héritiers du défunt. Si le logement appartenait entièrement au défunt, le PACS ne crée pas une moitié de propriété au profit du survivant. Source : Service Public : décès du partenaire pacsé et succession.

Un testament peut prévoir un legs au partenaire. En présence d’enfants, leur réserve héréditaire doit être respectée : la quotité disponible et les modalités du legs doivent être étudiées avec le notaire. L’Code civil, article 913 : réserve des enfants et quotité disponible fixe les limites liées au nombre d’enfants.

Les biens transmis au partenaire pacsé sont exonérés de droits de succession selon l’Code général des impôts, article 796-0 bis : exonération successorale du partenaire. L’exonération fiscale ne crée pas le droit de recevoir un bien : il faut d’abord une transmission juridiquement valable. Pour l’indivision qui peut se former avec les héritiers, consultez le fonctionnement de l’indivision successorale.

Pour organiser le logement et la transmission, consultez protéger le survivant face à une indivision successorale. Le guide distingue les droits de l’époux, du partenaire pacsé et du concubin, ainsi que le rôle du testament.

Avant de signer ou de réviser les actes, examinez comment anticiper le décès dans une convention d’indivision. Une faculté d’acquisition du survivant se distingue d’un legs : elle suppose de traiter la valeur des droits et les formalités, sans faire du partenaire un héritier légal.

Le survivant peut-il rester dans le logement ?

Un droit temporaire sur le logement peut protéger le partenaire survivant, sous conditions. L’article 515-6 renvoie aux deux premiers alinéas de l’article 763 pour le logement occupé comme résidence principale au décès. Il s’agit d’une protection d’un an, à distinguer d’une propriété ou d’un droit viager.

Service Public précise notamment l’occupation effective au moment du décès et la possibilité pour le défunt de priver le partenaire de ce droit gratuit temporaire par testament. Faites vérifier le titre, l’occupation et les dispositions testamentaires ; un logement loué ou détenu avec d’autres personnes appelle des contrôles différents.

L’attribution préférentielle du logement constitue encore une question distincte. Certaines protections du survivant supposent une prévision expresse par testament ; une indemnisation des autres ayants droit peut être nécessaire. Source : Code civil, article 515-6 : droits du partenaire survivant.

Pour anticiper, demandez au notaire de rapprocher les parts de propriété, le testament, les droits des enfants et l’assurance du prêt. Le remboursement éventuel par l’assurance dépend du contrat et des garanties ; il ne change pas à lui seul l’identité des héritiers. Un objectif de maintien dans le logement demande donc une organisation de la transmission et du financement.

Quels documents apporter au notaire et à la banque ?

Commencez par réunir les actes qui établissent les droits, puis les documents qui expliquent les flux d’argent. La liste suivante prépare le rendez-vous et doit être complétée selon le projet.

  • PACS : convention initiale, conventions modificatives, dates d’enregistrement et documents de dissolution s’il y en a.
  • Logement : titre d’achat, quotes-parts, clauses d’emploi de fonds, convention d’indivision, état d’occupation et estimations.
  • Apports : justificatifs des virements et de l’origine des sommes, notamment héritage, donation ou épargne antérieure.
  • Crédit : contrat, tableau d’amortissement, capital restant dû, garanties, assurance et accord bancaire envisagé.
  • Comptes : mensualités payées par chacun, revenus utiles à l’analyse de l’aide matérielle, factures de travaux, taxes et accords sur les charges.
  • Transmission : testament, situation familiale, documents de succession et droits des enfants, selon le dossier.

Identifiez le résultat souhaité : acheter avec des parts inégales, conserver le logement après séparation, vendre ou protéger le survivant. Présentez aussi les points de désaccord, afin que les professionnels ne construisent pas un projet sur un accord supposé.

Le guide des démarches notariales en indivision détaille les actes et la préparation du dossier. Les frais, les délais et les pièces nécessaires dépendent notamment des accords, du financement et de la disponibilité des actes.

Questions fréquentes sur le PACS et l’indivision

Peut-on acheter en indivision sans choisir l’indivision dans le PACS ?

Oui. Sous séparation de biens, deux partenaires peuvent acheter ensemble avec les quotes-parts indiquées dans l’acte. Ce choix ne se confond pas avec l’option conventionnelle d’indivision du PACS.

Peut-on prévoir 70/30 pour une maison achetée pendant le PACS ?

Sous séparation de biens, une répartition inégale peut être organisée dans l’acte. Si l’achat entre dans le régime conventionnel d’indivision, le principe est la moitié chacun, sous réserve des exceptions légales à vérifier.

Payer davantage le prêt augmente-t-il ma quote-part ?

Non, pas automatiquement. Les parts de propriété restent celles établies par les actes et le régime. Une créance éventuelle doit être analysée séparément, notamment au regard de l’aide matérielle.

L’argent hérité reste-t-il personnel avec l’option d’indivision ?

Les fonds issus d’une succession peuvent relever des exceptions légales. Pour un bien acquis avec ces fonds, l’emploi doit être mentionné dans l’acte ; sans cette mention, le texte prévoit une propriété par moitié et une créance.

Rompre le PACS partage-t-il automatiquement la maison ?

Non. Il faut régler la propriété, les comptes et le crédit par un projet distinct : rachat, vente, maintien organisé ou partage selon les accords et les procédures applicables.

Le rachat de mes parts me libère-t-il de l’emprunt ?

Pas automatiquement. Le contrat bancaire demeure tant que la banque n’a pas accepté une libération ou qu’une autre solution, telle que le remboursement intégral, n’a pas été mise en œuvre.

Le partenaire survivant reçoit-il automatiquement l’autre moitié ?

Non. Il conserve ses droits déjà détenus, mais le PACS ne le rend pas héritier. Un legs valable peut prévoir une transmission, dans le respect notamment de la réserve des enfants.

Le taux de 1,1 % représente-t-il tous les frais du partage ?

Non. Il s’agit du droit prévu pour certains partages consécutifs à une rupture de PACS, sous conditions. Les émoluments, formalités, débours et frais bancaires doivent être examinés séparément.

Sources officielles et date de vérification

Sources vérifiées le 3 octobre 2026. Ce guide concerne le PACS et la propriété immobilière en France. L’exemple chiffré est fictif et ne calcule ni frais, ni créance, ni soulte. Les actes, les dates, les clauses et le financement permettent aux professionnels d’adapter ces règles à votre situation.

Christian Mahout

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