Tout ce qui concerne l’indivision successorale

Tout ce qui concerne l’indivision successorale - Indivision Patrimoine
Lors du décès de l’un de vos proches se pose la question du partage de la succession. Si vous héritez de cette succession et que vous n’êtes pas le seul héritier, se pose encore la question de l’indivision successorale. Qu’est-ce que l’indivision successorale ? Quels sont vos droits ? Qui peut prendre les décisions définitives ? Quelles sont les règles de cette indivision ? Réponses détaillées à travers cet article !

Qu'est-ce que l'indivision successorale ?

L’indivision successorale est définie comme étant l’indivision qui résulte d’un héritage. Au moment du décès d’une personne, ses biens sont automatiquement transmis à ses héritiers. Chacun d’entre eux devient alors propriétaire, aussi indivisaire, de l’ensemble des bien hérités.

Prenons un exemple ! Une personne de 80 ans vient de décéder, elle a 4 enfants et était veuve. Son patrimoine se compose d’un studio, d’une maison, d’un bus et d’un compte d’épargne.

Au moment du décès, les enfants deviennent héritiers de ces biens et chacun d’entre eux propriétaire des différents éléments qui composent ce bien indivis. Par un simple calcul, on trouve que chaque héritier a le droit d’un quart de la maison, d’un quart du bus, d’un quart du studio et d’un quart du compte d’épargne.  Cet exemple traduit un cas d’une indivision successorale.

À noter que l’indivision successorale est une étape transitoire qui est réglée une fois le partage du patrimoine est réalisé.

Quelles sont les conditions de l'indivision successorale ?

En tant qu’héritier, vous avez le droit d’utiliser les biens indivis qui résulte de l’indivision successorale dans certaines conditions. Vous devez avoir l’accord des autres indivisaires, agir tout en respectant leurs droits et la destination du bien indivis et verser une indemnité aux autres indivisaires si vous agissez d’une manière individuelle.

L’indivision successorale est une situation, à la fois, provisoire et transitoire. Si les héritiers s’entendent bien, ils arrivent à un partage équitable des biens. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas !

En ce qui concerne les règles de gestion et de vente en indivision successorale

La majorité des 2/3 est requise pour exercer le pouvoir de gestion en indivision successorale. En effet, les héritiers qui détiennent les 2/3 des biens indivis se chargent des actes administratifs et des charges des ventes des biens.

Un mandat général d’administration peut également être confié à l’un des indivisaires à condition de tenir les autres indivisaires informés de cette décision. Quant à la vente des biens immobiliers en indivision successorale, elle ne peut pas être réalisée sans le consentement de tous les héritiers.

Concernant la conservation des biens indivis, chaque indivisaire a le droit de dépenser son propre argent qui lui sera ensuite remboursé.

L'indivision successorale, une étape transitoire

Comme mentionné précédemment, l’indivision successorale touche à sa fin une fois le partage effectif du patrimoine réalisé. Chaque indivisaire a le droit de demander le partage des biens. Ce partage peut être réalisé soit à l’amiable, soit devant la cour de justice.

Dans le premier cas, l’accord entre les héritiers met fin à l’indivision successorale. S’il y a désaccord et difficultés de partage, ces derniers peuvent s’adresser à la justice.

L’indivision peut également toucher sa fin si l’un des héritiers rachète tous les parts des autres indivisaires.

La loi précise qu’une indivision successorale ne peut pas dépasser la durée de 5 ans. Une convention d’indivision prévue par le Code civil (L’article 1873) ; doit être conclue si les héritiers souhaitent rester dans la même situation.

La convention d’indivision permet de définir les règles de fonctionnement de l’indivision sur un ou plusieurs biens. Cette convention empêche aussi qu’un indivisaire provoque le partage des biens indivis. Elle est obligatoirement un acte établi par écrit. Si les biens indivis sont des biens immobiliers, la convention d’indivision est obligatoirement un acte notarié. La durée de cette convention est 5 ans et elle est renouvelable.

Comment sortir de l'indivision successorale ?

Dans une indivision successorale, chacun des indivisaires ne peut jouir du patrimoine du défunt dans une exclusivité absolue. Les actes de disposition telle que la vente d’immeuble se font à l’unanimité. L’indivision successorale peut donc être un régime lourd à gérer.

Selon l’article 815 du Code Civil : « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu’il n’y ait été sursis par jugement ou convention. ».

En tant qu’héritier, vous avez le droit de demander le partage des biens indivis. Sortir de cette situation est donc l’un de vos droits. Malheureusement, une demande de partage des biens indivis en indivision successorale peut entrainer des conflits entre les héritiers. Bref, l’indivision n’est pas une situation facile à gérer.

3 solutions sont envisageables pour pouvoir sortir d’une indivision. La première option est la vente ou le don des biens aux autres héritiers (en ayant recours à un notaire), la seconde option consiste à vendre à un tiers (en ayant recours à un huissier). Dans ce cas, les autres indivisaires sont prioritaires sur l’achat. La troisième solution est le partage.

Le partage judiciaire en indivision successorale

Ce partage peut prendre un à deux ans (pour une prononciation en première instance). Les indivisaires peuvent demander au tribunal de surseoir au partage pour une durée maximale de 2 ans si cette procédure risque de porter atteinte à la valeur des biens hérités. Le conjoint du défunt (s’il était marié) a le droit, sous certaines conditions, de maintenir l’indivision pendant 5 ans.

✅ Avantages de l'indivision successorale

1. Maintien du patrimoine familial

L’indivision permet de préserver l’intégrité des biens hérités et d’éviter une division immédiate qui pourrait nuire à leur valeur. C’est particulièrement bénéfique pour des biens immobiliers tels que des maisons familiales ou des terrains, qui auraient perdu en valeur s’ils avaient été morcelés.

2. Souplesse dans la gestion des biens

Les indivisaires peuvent convenir d’une gestion partagée et utiliser les biens en commun sans obligation de partage immédiat. Cette flexibilité est utile lorsque les héritiers souhaitent attendre le bon moment pour vendre ou investir dans la rénovation du bien.

3. Revenus partagés en cas de location

Si un bien en indivision est loué, les loyers perçus sont redistribués entre les héritiers en fonction de leurs parts respectives, offrant ainsi une source de revenus stable.

4. Possibilité de mise en place d’une convention d’indivision

Les héritiers peuvent signer une convention d’indivision pour définir des règles précises de gestion et éviter les conflits. Cela permet d’assurer une gouvernance plus claire et d’organiser l’utilisation des biens sur une période donnée (maximum 5 ans, renouvelable).

5. Évite une vente précipitée

Dans certains cas, le partage immédiat d’une succession peut conduire à une vente rapide et à perte des biens. L’indivision permet aux héritiers de prendre le temps de choisir la meilleure option (vente au bon moment, rachat par un indivisaire, exploitation du bien).

❌ Inconvénients de l'indivision successorale

1. Blocage des décisions en cas de désaccord

Les décisions importantes, notamment la vente d’un bien, nécessitent l’unanimité des indivisaires. Si l’un des héritiers refuse de vendre ou s’oppose à certaines décisions, la situation peut rester bloquée pendant des années, entraînant des tensions familiales.

2. Frais et charges partagés, même en cas de désaccord

Les taxes foncières, les travaux de maintenance et autres charges doivent être réglés collectivement. Si certains indivisaires ne paient pas leur part, cela peut générer des conflits et compliquer la gestion des biens.

3. Risque de conflit entre héritiers

L’indivision est souvent source de tensions, surtout lorsque les intérêts des héritiers divergent. Certains peuvent vouloir vendre rapidement, tandis que d’autres souhaitent conserver les biens. L’absence d’accord peut conduire à un recours judiciaire, coûteux et long.

4. Impossibilité de disposer librement des biens

Contrairement à une pleine propriété, les héritiers ne peuvent pas vendre, modifier ou exploiter un bien indivis sans accord collectif. Un indivisaire ne peut pas décider seul d’effectuer des travaux d’amélioration ou d’occupation prolongée sans l’accord des autres.

5. Indemnité d’occupation si un héritier vit dans le bien

Si un indivisaire occupe seul un bien en indivision, il peut être contraint de verser une indemnité d’occupation aux autres héritiers, ce qui peut être une source de litiges.

6. Procédures de sortie parfois longues et complexes

Lorsqu’un héritier veut sortir de l’indivision, il a trois options :

  • Vendre sa part (mais les autres héritiers ont un droit de préemption).
  • Forcer la vente en saisissant le tribunal (procédure longue et coûteuse).
  • Négocier un partage amiable, ce qui nécessite un accord global.

Si aucun accord n’est trouvé, la sortie de l’indivision peut prendre plusieurs années et engendrer des coûts importants (frais d’avocats, notaire, expertise immobilière).

Comment éviter les inconvénients de l’indivision successorale ?

Pour limiter les conflits et simplifier la gestion d’une indivision successorale, voici quelques solutions :
Établir une convention d’indivision avec des règles claires.
Désigner un mandataire (un notaire ou un des héritiers) pour centraliser les décisions.
Mettre en place une gestion locative si le bien est rentable.
Privilégier un partage amiable avant d’envisager une procédure judiciaire.

En anticipant ces aspects, l’indivision peut être une solution temporaire efficace, à condition qu’elle soit bien encadrée et gérée de manière concertée.

FAQ sur l’indivision successorale

Qu’est-ce que l’indivision successorale ?

L’indivision successorale est une situation juridique qui survient après un décès, lorsque plusieurs héritiers deviennent copropriétaires des biens du défunt sans partage immédiat. Chaque indivisaire détient une quote-part du patrimoine, mais aucun ne peut revendiquer un bien spécifique tant que la succession n’est pas partagée.

L’indivision successorale peut durer jusqu’à 5 ans, sauf si une convention d’indivision est signée entre les héritiers. Cette convention, qui doit être écrite et notariée si elle porte sur des biens immobiliers, peut être renouvelée à l’échéance.

Trois solutions permettent de sortir d’une indivision successorale :

  1. Le partage amiable : les héritiers se mettent d’accord pour diviser les biens.
  2. Le rachat des parts : un héritier rachète la part des autres.
  3. La vente des biens : si aucun accord n’est trouvé, la vente peut être demandée en justice.

Selon l’article 815 du Code Civil, « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision ».

Oui, un héritier peut vendre sa quote-part à un tiers sans l’accord des autres indivisaires. Toutefois, les autres héritiers bénéficient d’un droit de préemption, leur permettant d’acheter la part en priorité avant toute cession à un tiers.

Les décisions dépendent de leur nature :

  • Actes d’administration (entretien, gestion courante) : majorité des 2/3 des droits indivis.
  • Actes de disposition (vente, hypothèque, donation) : unanimité des indivisaires.
  • Dépenses de conservation : chaque indivisaire peut payer et demander remboursement.

Oui, mais il doit obtenir l’accord des autres indivisaires et, le cas échéant, verser une indemnité d’occupation proportionnelle à leurs parts.

  • Droits de succession : calculés en fonction du lien de parenté et de la part héritée.
  • Taxe foncière et charges : à la charge de tous les indivisaires selon leurs quotes-parts.
  • Impôt sur les revenus locatifs : chaque indivisaire est imposé sur sa part des loyers perçus.

Si un héritier refuse le partage, les autres peuvent saisir le tribunal judiciaire pour demander un partage judiciaire. La procédure peut prendre plusieurs mois voire plus d’un an.

L’indivision successorale est une situation par défaut après un décès. La convention d’indivision est un accord formalisé, signé entre les héritiers pour organiser la gestion des biens et éviter un partage immédiat.

Oui, sauf si un indivisaire possédant au moins 2/3 des droits saisit le tribunal pour obtenir une vente forcée.

Oui, sous certaines conditions :

  • S’il avait des droits en usufruit sur le logement familial, il peut y rester à vie.
  • Il peut demander un maintien dans l’indivision pour 5 ans pour éviter d’être expulsé.
  • Rédiger une convention d’indivision.
  • Désigner un mandataire pour gérer les biens.
  • Recourir à une médiation notariale en cas de tensions.
  • Privilégier le dialogue avant toute action judiciaire.
Christian Mahout

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