Le droit de préemption permet à un indivisaire d’acheter en priorité les droits qu’un autre propriétaire projette de céder à titre onéreux à une personne extérieure à l’indivision. Il s’exerce au prix et aux conditions notifiés, par acte extrajudiciaire, dans le mois suivant la notification. Il ne donne pas une priorité générale sur toute vente du bien entier. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
Rédaction : Christian Mahout, Indivision Patrimoine, activité d’acquisition immobilière. Règles vérifiées le . Présentation de l’équipe. Ce guide détaille la préemption des coïndivisaires ; les guides vendre sa part indivise et racheter les parts d’une maison couvrent les autres démarches du vendeur et de l’acquéreur.
Quand le droit de préemption en indivision s’applique-t-il ?
Le mécanisme de l’article 815-14 vise une cession à titre onéreux de droits indivis à un tiers. Il faut identifier ce qui est cédé et vérifier si le candidat possède déjà des droits dans cette indivision. Le lien familial n’est pas le critère : un proche peut être extérieur à l’indivision, tandis qu’un coïndivisaire peut n’avoir aucun lien de parenté avec le vendeur. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
| Projet | Article 815-14 | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Vente d’une quote-part à une personne extérieure | Entre dans son champ, sous les conditions du texte | Droits vendus, prix, conditions et identité du candidat |
| Cession à un acquéreur déjà indivisaire | Le critère du tiers extérieur n’est pas rempli | Qualité réelle de l’acquéreur dans cette indivision |
| Donation réelle de droits indivis | Ce texte vise les cessions à titre onéreux | Qualification de l’acte et règles de donation |
| Vente du bien indivis lui-même | À distinguer de la cession des droits d’un propriétaire | Accords ou autorisations nécessaires pour tout le bien |
| Adjudication des droits d’un indivisaire | Substitution selon l’article 815-15 | Formalités propres à la vente aux enchères de ces droits |
La Cour de cassation distingue la vente des droits d’un propriétaire de la vente du bien indivis lui-même. Il ne faut donc pas présenter la préemption comme un droit automatique de reprendre toute maison vendue dans un partage. Source : Cour de cassation, 30 juin 1992, n° 90-19.052 : droits indivis et bien entier. Consultez séparément la vente du bien entier et la donation d’une part indivise.
Les droits peuvent concerner différents biens, mais la qualification de l’opération demeure essentielle. Une quote-part indivise d’un immeuble ne se confond pas avec une part de SCI détenue personnellement par un associé. Le mot « part » ne suffit pas à choisir le régime applicable.
Le guide vente d’un bien indivis à un acquéreur extérieur replace la préemption dans le dossier de vente. Il distingue bien entier et quote-part, puis les vérifications d’offre, d’acte et de répartition du prix.
Comment notifier le projet de cession aux autres indivisaires ?
Le vendeur doit faire notifier le projet par acte extrajudiciaire. Un courriel, une lettre simple ou un modèle envoyé seul en recommandé ne remplace pas cette formalité. Le commissaire de justice intervient pour la signification, en coordination avec le notaire chargé de la cession. Sources : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité et Service Public : missions et tarifs du commissaire de justice.
Le texte demande le prix et les conditions de la cession projetée ainsi que les nom, domicile et profession de la personne souhaitant acquérir. Les destinataires doivent pouvoir comprendre l’opération envisagée ; le dossier doit donc identifier précisément les droits et biens concernés. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
- Propriété : fournir les titres et la nature des droits, avec les quotes-parts exactes.
- Cession : préciser les droits vendus, le prix, les modalités de paiement et les autres conditions du projet.
- Candidat : réunir son identité et les informations légalement requises.
- Destinataires : identifier les titulaires de droits et leurs coordonnées, y compris un éventuel démembrement.
- Traçabilité : conserver les actes de signification, les dates et les réponses.
La notification porte sur un projet de cession. Si son prix ou ses conditions évoluent, faites vérifier par le notaire si les formalités doivent être reprises. Une réponse donnée à un ancien projet ne sécurise pas nécessairement une opération différente. N’attendez pas la signature définitive pour examiner la préemption.
Notre modèle de lettre pour demander une sortie amiable prépare une discussion. Il ne remplace pas l’acte extrajudiciaire de notification ou d’exercice du droit.
Que faire si un indivisaire est introuvable ?
Confiez la recherche et la signification au commissaire de justice. L’article 659 encadre le cas d’une personne sans domicile, résidence ni lieu de travail connus : les diligences de recherche doivent être relatées dans un procès-verbal, avec les formalités d’envoi prévues. Ce n’est pas une autorisation de supprimer ce destinataire de la procédure. Source : Code de procédure civile, article 659 : destinataire sans adresse connue.
Une publication dans un journal ou un envoi au parquet ne doit pas être présenté comme une solution générale interchangeable. Faites examiner la situation réelle, les recherches effectuées et, si nécessaire, les règles de représentation. Pour le contexte successoral, consultez aussi la succession bloquée et ses démarches.
Quels sont les délais de préemption : un mois, deux mois et quinze jours ?
Les délais correspondent à des étapes différentes. Le mois pour exercer la préemption suit la notification du projet ; les deux mois pour réaliser la vente partent de la date d’envoi de la réponse au vendeur. L’expiration de ces deux mois ne suffit pas à rendre immédiatement la déclaration nulle : le texte prévoit quinze jours après une mise en demeure restée sans effet. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
| Étape | Délai légal | Point de départ ou condition |
|---|---|---|
| Exercer la préemption | Un mois | Après la notification du projet de cession |
| Réaliser l’acte de vente après préemption | Deux mois | Date d’envoi de la réponse au vendeur |
| Nullité de la déclaration après dépassement des deux mois | Quinze jours | Après une mise en demeure restée sans effet |
| Action en nullité pour méconnaissance des articles 815-14 ou 815-15 | Cinq ans | Article 815-16 ; point de départ à faire examiner selon les faits |
La dernière ligne concerne un recours contre une cession ou une licitation irrégulière, pas un délai supplémentaire pour répondre à un projet régulièrement notifié. Source : Code civil, article 815-16 : nullité, prescription et titulaires de l’action.
Faites confirmer l’échéance exacte dès réception de l’acte. Un mois ne signifie pas trente jours. La date de notification, le mode de signification et les règles de computation doivent être vérifiés par le professionnel. N’attendez pas le dernier jour en supposant un report automatique lié au week-end ou à l’obtention d’un prêt.
Pour votre suivi, gardez quatre repères distincts : notification du projet, acte de réponse et date d’envoi, rendez-vous de réalisation, puis éventuelle mise en demeure. Le calendrier général de la sortie d’indivision ne doit pas être confondu avec ces délais légaux de préemption.
Pour replacer ces échéances dans l’ensemble du projet, voyez les délais de réalisation d’une sortie d’indivision. Le calendrier comprend aussi la préparation du dossier, le financement et l’acte.
Comment exercer son droit de préemption ?
La réponse au vendeur doit elle aussi être donnée par acte extrajudiciaire. Elle exprime l’exercice du droit au prix et aux conditions notifiés. Faites préparer cette réponse avec le commissaire de justice et le notaire, en tenant compte du financement et du délai de réalisation. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
Une négociation informelle n’est pas l’exercice du droit. Si le prix semble élevé, vous pouvez discuter d’un nouveau projet avec le vendeur, mais cette discussion ne remplace pas une réponse conforme dans le délai. Une décote commerciale éventuelle ne permet pas de préempter unilatéralement à un prix inférieur.
- Avant de répondre : examiner l’acte reçu, les droits concernés et les conditions exactes.
- Financement : vérifier les fonds, le crédit éventuel, les frais et le calendrier de disponibilité.
- Réponse : faire établir et signifier l’acte adapté, avec une preuve des dates.
- Réalisation : organiser l’acte de cession et le paiement avec le notaire.
La vente de droits immobiliers doit également satisfaire les exigences de forme et de publicité foncière. L’article 710-1 prévoit notamment le recours à un acte authentique pour la publication du droit, sous les autres voies et exceptions du texte. Une déclaration de préemption ne remplace pas cette étape. Source : Code civil, article 710-1 : forme authentique et publicité foncière.
La notification oblige-t-elle toujours le vendeur à vendre ?
Non, la seule notification de l’intention de céder ne vaut pas offre de vente. La Cour de cassation a jugé que le vendeur peut renoncer à son projet malgré la manifestation d’un coïndivisaire souhaitant préempter. Il serait donc inexact d’affirmer que chaque déclaration crée automatiquement un contrat définitif. Source : Cour de cassation, 5 juin 1984, n° 83-10.660 : notification et abandon du projet.
Les engagements déjà souscrits et les circonstances d’un retrait doivent être examinés par le notaire ou l’avocat. Cette distinction ne dispense pas de respecter le droit de préemption lorsque le projet de cession à un tiers est poursuivi.
Que se passe-t-il si plusieurs indivisaires préemptent ?
Sauf convention contraire, ils acquièrent ensemble la portion vendue proportionnellement à leurs parts respectives. Le partage ne se fait pas automatiquement à parts égales entre les personnes intéressées. Source : Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
Exemple fictif : A possède 50 % d’une maison, B 30 % et C 20 %. A envisage de vendre l’ensemble de ses 50 % pour 100 000 €. B et C exercent tous deux la préemption. Entre les acquéreurs, le rapport 30:20 conduit à une répartition de 60 % et 40 % des droits vendus, sans convention contraire.
| Préempteur | Droits avant | Droits achetés | Droits après | Prix hors frais |
|---|---|---|---|---|
| B | 30 % | 30 points de propriété | 60 % | 60 000 € |
| C | 20 % | 20 points de propriété | 40 % | 40 000 € |
| Total B + C | 50 % | 50 points de propriété | 100 % | 100 000 € |
Le calcul illustre la proportion des droits acquis. Il exclut frais, dettes, créances entre indivisaires et modalités particulières de financement. Il ne constitue ni une estimation de marché ni un décompte notarial. Faites préciser les effets d’une éventuelle convention contraire.
Pour distinguer pourcentage de propriété, prix d’une quote-part et comptes, consultez l’estimation des parts indivises. Une répartition proportionnelle des droits ne règle pas à elle seule toutes les sommes dues entre propriétaires.
Convention, renonciation, usufruit et SCI : les cas particuliers
Une convention supprime-t-elle le droit de préemption ?
La présence d’une convention n’efface pas automatiquement le mécanisme légal. L’article 1873-12 prévoit les droits de préemption et de substitution en cas d’aliénation de droits dans les biens indivis. Faites examiner les clauses et leur portée plutôt que déduire du seul titre « convention » que toute notification est inutile. Source : Code civil, article 1873-12 : préemption en présence d’une convention. Le guide de la convention d’indivision détaille son organisation.
Peut-on renoncer à la préemption ?
Une renonciation peut être caractérisée pour une cession déterminée. Dans un arrêt du 16 juin 2011, la Cour de cassation a retenu une renonciation exprimée dans l’acte de cession auquel l’indivisaire était partie. Écrire que toute renonciation est impossible ou toujours nulle est donc trop général. Source : Cour de cassation, 16 juin 2011, n° 10-16.186 : renonciation caractérisée dans l’acte.
Ne déduisez pas une renonciation d’une simple discussion familiale ou d’une clause vague. Faites vérifier la volonté exprimée, le projet concerné, l’information donnée et l’acte envisagé. La décision citée porte sur ses circonstances ; elle ne valide pas automatiquement toute renonciation anticipée ou générale.
Usufruit et nue-propriété : qui doit recevoir la notification ?
L’article 815-18 prévoit des notifications à tout nu-propriétaire et à tout usufruitier. Il organise aussi une priorité selon la nature des droits : un usufruitier ne peut acquérir une part de nue-propriété que si aucun nu-propriétaire ne s’en porte acquéreur, et réciproquement pour une part d’usufruit. La reconstitution des droits n’est donc pas interdite par principe. Source : Code civil, article 815-18 : usufruit, nue-propriété et notifications.
Le notaire doit identifier les droits en présence et leur compatibilité avec le régime de l’usufruit. Une indivision en nue-propriété, une indivision en usufruit et un simple démembrement n’appellent pas une lecture indifférenciée. Le service d’acquisition de nue-propriété concerne un projet commercial de cession ; il ne remplace pas cette analyse.
Des parts de SCI sont-elles des parts indivises de l’immeuble ?
Non, il faut distinguer les droits sociaux et les droits directement détenus sur le bien. L’article 1861 encadre l’agrément des cessions de parts de société civile, avec les possibilités et exceptions qu’il prévoit. Ce régime ne doit pas être remplacé automatiquement par la préemption immobilière de l’article 815-14. Source : Code civil, article 1861 : agrément de cession des parts sociales.
Si des parts sociales sont elles-mêmes détenues en indivision, une autre analyse est nécessaire. Examinez les statuts, le titulaire de l’immeuble et la nature de ce qui est cédé. Le guide passer d’une indivision à une SCI explique cette différence de structure.
Préemption et adjudication : quand parle-t-on de substitution ?
Lors de l’adjudication des droits d’un indivisaire, l’article 815-15 prévoit une substitution. L’avocat ou le notaire informe les autres indivisaires un mois avant la date prévue pour la vente. Chaque indivisaire peut se substituer à l’acquéreur dans le mois suivant l’adjudication, par déclaration au greffe ou auprès du notaire. Le cahier des conditions doit mentionner ce droit. Source : Code civil, article 815-15 : substitution après adjudication de droits indivis.
Ce mécanisme n’est ni la réponse préventive de l’article 815-14 ni une surenchère proposant un prix supérieur. Son champ porte sur les droits vendus, et non indistinctement sur toute vente du bien indivis. Source : Cour de cassation, 30 juin 1992, n° 90-19.052 : droits indivis et bien entier. Consultez la licitation : procédures, substitution et frais pour les étapes propres aux ventes concernées.
Un recours au partage judiciaire doit être examiné séparément. La volonté d’acheter les droits d’un autre ne garantit pas une attribution du bien entier ni l’arrêt d’une procédure en cours.
Que faire si une vente a méconnu votre droit de préemption ?
L’article 815-16 prévoit la nullité d’une cession ou licitation réalisée au mépris des articles 815-14 ou 815-15. L’action se prescrit par cinq ans et appartient aux personnes auxquelles les notifications devaient être faites, ou à leurs héritiers. Il ne suffit pas de déclarer soi-même la vente annulée : faites examiner le recours par un avocat. Source : Code civil, article 815-16 : nullité, prescription et titulaires de l’action.
Le point de départ ne se résume pas à votre découverte personnelle récente. La Cour de cassation rattache la prescription à la connaissance de la vente et, dans son arrêt du 5 mars 2014, a retenu la publication immobilière comme connaissance réputée pour les coïndivisaires concernés. Faites donc vérifier l’acte, sa publication, les informations reçues et les faits du dossier. Source : Cour de cassation, 5 mars 2014, n° 12-28.348 : connaissance de la vente et publication.
- Réunir les actes : titre, cession litigieuse, publication et notification éventuelle.
- Documenter les dates : signification, correspondances et circonstances de connaissance.
- Identifier le droit : qualité d’indivisaire, droits cédés et candidat acquéreur.
- Évaluer les demandes : recours, recevabilité, prescription et conséquences envisageables avec l’avocat.
Une nullité n’est pas un droit automatique d’acquérir ensuite à votre propre prix. Pour les désaccords connexes, le guide des conflits en indivision aide à distinguer préemption, valeur, comptes et partage.
Quel budget et quel dossier préparer avant de préempter ?
Préparez le prix et les frais de l’opération, pas seulement la valeur des droits. Demandez des décomptes pour les significations, l’acte notarié, la fiscalité applicable, les formalités et le financement. Un pourcentage global présenté comme universel ne permet pas de chiffrer votre dossier.
Les missions du commissaire de justice sont payantes et certains tarifs sont réglementés. Faites préciser les actes nécessaires, les destinataires et les frais correspondants. Source : Service Public : missions et tarifs du commissaire de justice. Le guide des frais de notaire en indivision distingue les différentes opérations.
Aucune décote de 10 %, 20 % ou 35 % ne découle automatiquement du niveau de conflit. Pour exercer le droit, le prix et les conditions de référence sont ceux de la cession notifiée. L’estimation commerciale et le coût net après comptes constituent des questions distinctes.
Préparez votre notification reçue, vos titres, l’éventuelle convention, les justificatifs de fonds, les informations de crédit, les coordonnées des professionnels et un calendrier validé. Dans une indivision successorale ou après un divorce, ajoutez les actes nécessaires pour établir précisément les droits.
Pour préparer l’opération au-delà des notifications, consultez le dossier et l’acte de cession de parts d’indivision. Identifiez les droits transférés, les pièces, les comptes et le paiement avant de signer.
Questions fréquentes sur le droit de préemption en indivision
Un membre de la famille peut-il être un tiers à l’indivision ?
Oui. Le critère est sa qualité dans l’indivision, pas son lien familial. Un proche qui ne détient pas de droits peut être extérieur ; un acquéreur déjà indivisaire relève d’une autre situation.
Une lettre recommandée suffit-elle pour préempter ?
Non, l’article 815-14 prévoit un acte extrajudiciaire. Faites organiser l’exercice du droit avec les professionnels. Un modèle signé et envoyé seul ne remplace pas cette formalité.
Quel délai ai-je pour répondre au projet notifié ?
Un mois après la notification pour exercer la préemption. Faites confirmer la date d’échéance et ne confondez pas ce délai avec les deux mois prévus ensuite pour réaliser l’acte.
La déclaration devient-elle nulle dès la fin des deux mois ?
Non. L’article 815-14 prévoit, après ce délai, une nullité de plein droit quinze jours après une mise en demeure restée sans effet. Ne supprimez pas cette étape du calendrier.
Puis-je préempter à un prix inférieur en appliquant une décote ?
Non, l’exercice se fait au prix et aux conditions notifiés. Une négociation éventuelle d’un autre projet ne remplace pas une réponse régulière dans le délai.
Deux préempteurs achètent-ils chacun la moitié des droits vendus ?
Pas nécessairement. Sauf convention contraire, ils acquièrent en proportion de leurs parts respectives dans l’indivision. Le tableau d’exemple distingue droits avant, droits acquis et droits après.
L’exercice de la préemption oblige-t-il toujours le vendeur à vendre ?
Non. La seule notification d’intention ne vaut pas offre de vente. Le retrait du projet et les autres engagements éventuels doivent être examinés, selon la jurisprudence citée.
J’ai découvert une vente irrégulière : ai-je forcément cinq ans à partir d’aujourd’hui ?
Non, le point de départ doit être vérifié. L’action de l’article 815-16 se prescrit par cinq ans ; la connaissance de la vente et sa publication peuvent influer sur son calcul. Consultez rapidement un avocat.
Sources officielles et jurisprudence
Textes et décisions consultés pour la mise à jour du 3 octobre 2026. Les jurisprudences sont rattachées à la question et aux circonstances qu’elles éclairent ; elles ne dispensent pas d’examiner vos actes et les règles applicables au dossier.
- Code civil, article 815-14 : champ, notification, délais et pluralité.
- Code civil, article 815-15 : substitution après adjudication de droits indivis.
- Code civil, article 815-16 : nullité, prescription et titulaires de l’action.
- Code civil, article 815-18 : usufruit, nue-propriété et notifications.
- Code civil, article 1873-12 : préemption en présence d’une convention.
- Cour de cassation, 30 juin 1992, n° 90-19.052 : droits indivis et bien entier.
- Cour de cassation, 5 juin 1984, n° 83-10.660 : notification et abandon du projet.
- Cour de cassation, 16 juin 2011, n° 10-16.186 : renonciation caractérisée dans l’acte.
- Cour de cassation, 5 mars 2014, n° 12-28.348 : connaissance de la vente et publication.
- Code de procédure civile, article 659 : destinataire sans adresse connue.
- Code civil, article 710-1 : forme authentique et publicité foncière.
- Code civil, article 1861 : agrément de cession des parts sociales.
- Service Public : missions et tarifs du commissaire de justice.
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